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23 mai 2018 - Mis à jour le 24 mai 2018

“On est en train de m’arrêter”: le dernier message du blogueur égyptien Wael Abbas

Wael Abbas
Le blogueur Wael Abbas a indiqué, ce matin sur son compte Facebook être en état d'arrestation. Depuis, ses proches n’ont aucune nouvelle de lui. Reporters sans frontières (RSF) rappelle aux autorités égyptiennes qu’elles sont responsables de son sort.

A cinq heures ce matin heure locale, le blogueur, activiste et journaliste Wael Abbas a écrit sur sa sa page Facebook : “On est en train de m’arrêter”. Depuis, ses amis inquiets continuent de poster des messages de soutien sur les réseaux sociaux, mais personne n’a eu de nouvelles directes du journaliste-citoyen qui s’est rendu célèbre pour avoir documenté des exactions policières en Egypte sur son blog, sa chaîne Youtube et les réseaux sociaux. Seule l’ONG Arabic Network for Human Right Information (ANHRI) a pour l’instant été en mesure de préciser que Wael Abbas avait été emmené les yeux bandés dans un lieu de détention inconnu et que les forces de sécurité, qui n’avaient pas de mandat d’arrestation, l’ont empêché de prévenir un avocat. Du matériel électronique et des livres ont été saisis au moment de son arrestation.


“Les autorités égyptiennes sont responsables de la sécurité de Wael Abbas, elles doivent garantir son intégrité physique et morale et au plus vite apporter des clarifications sur son sort, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Nous sommes d’autant plus inquiets de la disparition de Wael Abbas que plusieurs blogueurs égyptiens ont récemment été arbitrairement arrêtés et emprisonnés.”


Depuis plusieurs mois, Wael Abbas était victime de harcèlement en ligne par des armées de trolls proches du gouvernement qui sont parvenus à faire définitivement fermer son compte sur Twitter. Par ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’il est inquiété par les services de sécurité : sous le président déchu Hosni Moubarak, on lui avait reproché de menacer la sécurité nationale ou de dégrader un câble internet.


L’Egypte, qui maintient actuellement au moins 33 journalistes, journalistes-citoyens et blogueurs derrière les barreaux -la plupart en détention provisoire- occupe la 161e place sur 180 pays dans le Classement 2018 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.