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1 juillet 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Entrée en vigueur de la Cour pénale internationale


Reporters sans frontières et le réseau Damoclès sont présentes au Rwanda pour suivre la mise en place des Gacaca et organiser le suivi des procès des journalistes qui comparaîtront devant ces juridictions traditionnelles. A l'occasion de l'entrée en vigueur de la Cour pénale internationale, les deux organisations rappellent l'importance de la justice locale.
 Alors que le monde entier a les yeux tournés vers la toute nouvelle Cour pénale internationale, le réseau Damoclès et Reporters sans frontières sont présents au Rwanda pour suivre la mise en place des Gacaca (juridictions traditionnelles) et pour s'intéresser plus particulièrement aux cas des journalistes qui comparaîtront prochainement devant ces tribunaux. Si le réseau Damoclès et Reporters sans frontières soutiennent sans réserve la mise en place de la Cour pénale internationale, les deux organisations estiment que les justices locales et traditionnelles ont également leur rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale. « Faire émerger la vérité, reconnaître qui a été victime, déterminer qui a participé, et juger les responsables » sont les buts des juridictions Gacaca. Le réseau Damoclès et Reporters sans frontières sont présents au Rwanda pour travailler en ce sens et faire en sorte que l'impunité cesse dans le pays. La délégation, composée d'un journaliste et d'un magistrat, est arrivée le 1er juillet 2002 à Kigali. Elle doit rencontrer les autorités rwandaises, des représentants des corps diplomatiques, des responsables d'organisations non gouvernementales et des journalistes emprisonnés. Plus de cent vingt mille personnes sont emprisonnées au Rwanda, dont une trentaine de professionnels de la presse. Ces derniers sont accusés d'avoir participé, d'une manière ou d'une autre, au génocide de 1994. Cependant, le réseau Damoclès et Reporters sans frontières estiment qu'au moins deux journalistes (Dominique Makeli et Tatiana Mukakibibi) sont détenus simplement pour avoir exercé leur profession et utilisé leur droit à informer. A travers ces deux cas symboliques, les deux organisations souhaitent apporter leur concours aux Inyangamugayo (juges des juridictions Gacaca) pour que la vérité soit établie par un procès rapide et équitable. L'intérêt du réseau Damoclès et de Reporters sans frontières pour les juridictions nationales, dont les Gacaca, intervient à un moment où, d'une part, de nouvelles tensions se font sentir entre les autorités rwandaises et les responsables du Tribunal pénal international pour le Rwanda, et d'autre part, les récentes décisions de la justice belge tendent à remettre en cause certains acquis essentiels en matière de droit pénal international. Plus que jamais, les juridictions nationales ont une place prépondérante dans la lutte contre l'impunité.