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4 février 2020

Egypte : trois journalistes en détention provisoire depuis deux ans

Alors que trois journalistes se retrouvent en détention administrative depuis maintenant deux ans, Reporters sans frontières (RSF) dénonce un moyen de maintenir arbitrairement les journalistes en prison et demande leur libération immédiate.

Cela fait deux ans que trois journalistes égyptiens, Moataz Wednan, Mostafa Al-Aasar et Hassan Al-Banna Mubarak ont été arbitrairement arrêtés. Ils sont depuis maintenus en détention administrative. Or, la durée légale maximale de la détention administrative en Egypte est en principe de deux ans. 


Le 4 février 2018, soit il y a deux ans jour pour jour, les autorités égyptiennes ont arrêté Hassan al-Banna Mubarak, jeune reporter travaillant pour le quotidien Al-Sharq, et Mostafa Al-Aasar, contributeur pour le site panarabe Ultra Sawt et les quotidiens Al-Quds et Al-Araby. Ce dernier avait critiqué le manque de pluralisme des élections présidentielles égyptiennes. Dans un autre article pour Al-Araby, il dénonçait les blocages incessants des sites d’informations par les autorités égyptiennes. Les deux journalistes sont actuellement détenus dans la prison de Tora et souffrent de problèmes de santé. L’administration pénitentiaire a cependant refusé la demande de la famille de Hassan al-Banna Mubarak de le transférer vers l'hôpital de la prison, malgré ses douleurs thoraciques et des troubles respiratoires.


Le contributeur du site Huffington Post Arabic, Moataz Wednan, a pour sa part été arrêté le 16 février 2018 à la suite d’une interview réalisée avec Hisham Genena, ancien chef de l'Autorité centrale des comptes. Jusqu’à présent, sa famille n'a pu lui rendre visite qu’à seulement quatre reprises. Ses proches expliquent qu’il craint que les autorités ne l’impliquent dans une nouvelle affaire pour prolonger encore sa détention, malgré l’absence de preuves concernant les accusations dont il fait l’objet.


Deux ans de détention provisoire et toujours aucune décision de justice, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Les autorités égyptiennes se servent de la détention administrative comme moyen de maintenir arbitrairement les journalistes derrière les barreaux et commettent l’exploit de dépasser la durée maximale légale de deux ans en vigueur dans le pays, alors même que ce temps de détention provisoire est déjà anormalement long.


Parmi la trentaine de journalistes détenus identifiés par RSF, l’écrasante majorité sont en détention provisoire et n’ont donc toujours pas été condamnés. La justice égyptienne renouvelle leur détention indéfiniment avec pour principales charges “appartenance à un groupe terroriste” et “diffusion de fausses nouvelles”. En mai 2019, après deux ans et demi de détention, la justice avait décidé la libération conditionnelle du journaliste d’Al Jazeera, Mahmoud Hussein, avant de finalement se rétracter et d’ouvrir une nouvelle enquête contre lui.


En 2019, l’Egypte occupe la 163e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.