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25 septembre 2018

Egypte : RSF dénonce la confiscation du journal Al Mesryoon

Le journal Al Mesryoon est la dernière victime de la campagne d’éradication des voix critiques dans les médias égyptiens : après la confiscation de ses biens, la rédaction doit passer sous contrôle gouvernemental. Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de revenir sur cette mesure arbitraire.


Les bureaux du quotidien égyptien Al Mesryoon (“les Egyptiens”) ont été investis lundi 24 septembre par les forces de sécurité, suite à la décision de confiscation du journal, annoncée une semaine plus tôt par la commission du ministère de la Justice chargée de la confiscation d'avoirs appartenant aux Frères musulmans. Du matériel a également été saisi.

 

La confiscation du journal Al Mesryoon est arbitraire et doit être annulée, estime Sophie Anmuth, responsable du bureau Moyen-Orient de RSF. Les autorités égyptiennes font une nouvelle fois la preuve de leur intolérance à la critique, si modérée soit-elle. Aujourd’hui, toute personne, tout média qui déplaît au gouvernement est automatiquement accusé de soutenir les Frères musulmans et cela suffit à en faire une cible.

 

Le journal gouvernemental Akhbar al Youm a été désigné pour prendre la direction du journal Al Mesryoon, ce qui va entraîner un  changement de  la politique éditoriale, comme cela avait déjà été le caspour le journal Daily News Egypt l’année dernière. Le rédacteur en chef d’Al Mesryoon, Gamal Soltan, qui est à l’étranger pour le moment, a affirmé au journal égyptien Katib avoir sollicité, pour l’instant en vain, l’intervention en leur faveur du Syndicat des journalistes égyptiens (aujourd’hui proche du pouvoir).

 

Cette confiscation s’inscrit dans un contexte où les autorités égyptiennes continuent de renforcer leur contrôle de la presse, de la TV et d’internet comme l’a montré la récente promulgation de nouvelles lois liberticides sur les médias.

 

L’Egypte occupe la 161ème place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par Reporters sans frontières. Le journalisme indépendant y est moribond,d’autant qu’avec le blocage en ligne de plusieurs centaines de sites depuis l’année dernière, les lecteurs peuvent à peine y avoir accès. Au moins 39 journalistes professionnels ou non y sont actuellement privés de liberté pour leur travail d’information.