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21 juillet 2021 - Mis à jour le 22 juillet 2021

Egypte : deux mois après l’arrestation de Tawfik Ghanem, RSF demande à l’ONU d’intervenir

Cela fait deux mois que Tawfik Ghanem, un journaliste à la retraite qui a dirigé le bureau local de l’agence Anadolu jusqu’en 2015, est détenu par les autorités égyptiennes. Reporters sans frontières (RSF) demande à l’ONU d’intervenir afin qu’il soit rapidement libéré.

Ce mercredi 21 juillet, Tawfik Ghanem entame son troisième mois derrière les barreaux. Comme au moins 27 de ses confrères, le journaliste égyptien, ancien rédacteur en chef du site d’information Islam Online et directeur du bureau local de l’agence de presse turque Anadolu de 2013 à 2015, est détenu arbitrairement par les autorités égyptiennes.  RSF adresse, ce jour, une lettre aux Rapporteurs spéciaux des Nations unies pour la liberté d'expression, la torture, l'indépendence des juges et le droit à la santé, ainsi qu'au Groupe de travail des Nations unies pour les détentions arbitraires et les appelle à prendre toutes les mesures nécessaires vis-à-vis des autorités égyptiennes pour que Tawfik Ghanem soit libéré immédiatement et sans condition. 


Le reporter a été arrêté, dans la nuit du 20 au 21 mai, à son domicile, par les forces de sécurité. Il a ensuite été emmené dans un endroit inconnu durant cinq jours avant de comparaître devant le parquet de la sécurité d’État, le 26 mai, et d'être placé en détention préventive pour "appartenance à un groupe terroriste". Dès lors, sa détention provisoire a été renouvelée tous les quinze jours sans sa présence ni celle de son avocat. Sa famille n'a pu lui rendre visite que trois semaines après son arrestation.


Selon les informations recueillies par RSF, les autorités égyptiennes s’intéressent notamment au rôle de Tawfik Ghanem durant ses années passées à Anadolu et son influence sur la ligne éditoriale de l’agence turque, dans leur viseur depuis 2013 et sa couverture du coup d’État du 3 juillet. L’organe de presse a malgré tout continué de fonctionner jusqu'en 2015, lorsque Tawfik Ghanem a finalement pris la décision de démissionner. Le journaliste a interdiction de quitter le territoire égyptien depuis 2017 et ses avoirs ont été gelés. 


"Il est urgent que Tawfik Ghanem soit libéré, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient, Sabrina Bennoui. Ce journaliste retraité ne représente aucune menace pour la sécurité de l'État et son travail a toujours été uniquement mené dans le but d'informer les citoyens. Les charges de terrorisme n'ont aucun fondement."


Par ailleurs, Tawfik Ghanem, sexagénaire, risque de voir son état de santé se dégrader en prison. Il souffre notamment de diabète et nécessite un suivi médical ainsi que la prise d'un traitement régulier. 


L’Egypte occupe la 166e place sur 180 sur le Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF en 2021.