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13 mars 2018 - Mis à jour le 14 mars 2018

Egypte: des lignes téléphoniques dédiées au musèlement des journalistes

Deux semaines avant l’élection présidentielle, les autorités égyptiennes mettent en place des numéros de téléphone spéciaux et appellent la population à dénoncer directement “les informations mensongères” des médias.  RSF dénonce une initiative qui musèle encore un peu plus une presse déjà largement réduite au silence

Le parquet égyptien a annoncé lundi 12 mars avoir mis en place des lignes téléphoniques pour recueillir les plaintes et les dénonciations d’informations considérées comme "mensongères" et qui porteraient atteinte à la sécurité de l’Etat dans les médias traditionnels ou sur les réseaux sociaux . Des numéros téléphoniques dédiés ont été créés dans chaque région pour permettre aux citoyens d’appeler ou de laisser des textos.


“Après avoir arrêté des journalistes, bloqué la presse en ligne, fait passer les médias traditionnels sous sa coupe, le régime du président Al-Sisi incite désormais la population à traquer d’hypothétiques fausses nouvelles. Deux semaines avant l’élection présidentielle, cette nouvelle mesure des autorités égyptiennes installe un dangereux climat de délation et musèle un peu plus une presse déjà largement réduite au silence”, dénonce Reporters sans frontières.


Il y a moins de deux semaines, le parquet avait condamné officiellement “la tentative des forces du mal d’affecter la sécurité nationale en diffusant des informations fausses dans les médias et sur les réseaux sociaux” et ordonné à tous les procureurs de la république de scruter le contenu des médias.


L’Egypte occupe la 161ème place sur 180 pays dans le Classement 2017 sur la liberté de la presse dans le monde établi par Reporters sans frontières : la plupart des médias indépendants ont été étouffés, soit par le blocage des journaux en ligne, soit par leur mise sous tutelle. Le site de RSF est rendu inaccessible en Egypte depuis août 2017.