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13 novembre 2020

Egypte : des libérations de journalistes au compte goutte

La justice égyptienne a récemment donné son accord de principe pour la libération de cinq journalistes. Reporters sans frontières (RSF) salue ces annonces, mais alerte sur le fait qu’elles ne sont ni encore effectives, ni suffisantes.

La justice égyptienne a donné son accord de principe, le 3 novembre, pour libérer les journalistes Sayed Abdellah, Mohamed Oxygen, emprisonnés depuis septembre 2019 et Haitham Hasan Mahgoub, emprisonné depuis mai 2020. Le même jour, deux autres journalistes, Sameh Hanin et Awni Nafie, ont enfin pu retrouver la liberté et leurs proches. 


Ces annonces de libération interviennent dans un contexte en apparence favorable. Fin octobre, une cinquantaine de membres du Congrès américain et plus de 220 parlementaires européens avaient adressé une lettre au président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi pour demander la libération des prisonniers politiques, y compris des journalistes, dont l’emprisonnement revient à “une condamnation à mort” du fait “des risques sanitaires aggravés par la pandémie de Covid-19”. 


Si ces mesures semblent avoir un lien avec les démarches américaines et européennes, la libération des trois journalistes n’est cependant toujours pas effective. Moins d’une semaine après avoir donné son accord de principe pour libérer Mohamed Oxygen, le blogueur apprenait qu’une nouvelle enquête  pour “appartenance à un groupe terroriste” était ouverte contre lui et qu’il était par conséquent maintenu en détention provisoire pour encore 15 jours.


En outre, un nombre important de journalistes sont toujours maintenus en détention, dont certains étaient cités dans les lettres. C’est le cas de Mahmoud Hussein, Alaa Abdel Fattah et Hossam Al-Sayyad. Pire encore, une nouvelle enquête a été ouverte contre les prisonniers Solafa Magdy et Esraa Abdel Fattah pour des faits présumés commis en détention. 


Ces libérations sont assez rares pour être soulignées mais elles sont insuffisantes, et la liste de journalistes actuellement en détention reste toujours trop longue, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient a RSF, Sabrina Bennoui. Plutôt que de libérer les journalistes au compte goutte et de prolonger indéfiniment les mesures de privation de liberté, les autorités égyptiennes pour se conformer au droit international ,doivent consentir à libérer  l’ensemble des journalistes arbitrairement détenus.


L’Egypte occupe la 166e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.