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25 juin 2020

Egypte : arrestation de Nora Younis, rédactrice en chef du média indépendant Al-Manassa

La rédactrice en chef du média indépendant égyptien Al-Manassa a été arrêtée mercredi soir et comparaîtra ce jeudi pour détention illégale d’un site d’informations. Reporters sans frontières (RSF) réclame sa libération immédiate et l’abandon des charges qui pèsent sur elle.

La police égyptienne a arrêté la rédactrice en chef du site d’informations indépendant Al-Manassa Nora Younis, ce mercredi 24 juin. La journaliste a ensuite été conduite au commissariat de Maadi, dans le gouvernorat du Caire. Les agents, qui se sont présentés comme des membres de l’Autorité de censure des oeuvres artistiques - liée au ministère de l’Intérieur, avaient auparavant fouillé les locaux et saisi des caméras et des ordinateurs. 


Selon l’Observatoire égyptien du journalisme et des médias (EOJM), Nora Younis a été accusée de tenir un site d’informations sans licence. Al-Manassa assure de son côté avoir présenté les documents nécessaires pour obtenir cette licence en octobre 2018 au Conseil suprême de régulation des médias (SCMR), sans jamais obtenir de réponse. Nora Younis comparaîtra devant la justice ce jeudi.


La justice égyptienne doit immédiatement libérer Nora Younis, abandonner toutes les charges qui pèsent sur elle et cesser de persécuter les médias indépendants, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF). Par leurs blocages administratifs répétés, les autorités ont tout fait pour empêcher Al-Manassa de régulariser sa situation, de sorte que l’absence d’autorisation officielle pour exercer devienne un prétexte pour des poursuites judiciaires.


Nora Younis a fondé Al-Manassa en 2015. Elle a également dirigé le quotidien Al-Masry Al-Youm et collaboré avec le Washington Post. Le site Internet d’Al-Manassa est bloqué en Egypte depuis 2017, tout comme celui du média indépendant Mada Masr, dont la rédactrice en chef, Lina Attalah, a été interpellée en mai dernier pendant plusieurs heures, ainsi qu’en novembre 2019. Les locaux de la rédaction avaient alors été perquisitionnés.


En 2020, l’Egypte occupe la 166e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.