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26 juin 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux radios communautaires fermées au Guatemala


Le manque de pluralisme médiatique se reflète au Guatemala dans la fermeture intempestive et injustifiée de deux radios communautaires dans le département de Quiché, à l’ouest du pays. Quand les médias communautaires seront-ils respectés au même titre que les médias publics et commerciaux au Guatemala ? Reporters sans frontières s’alarme de la répression qui sévit à leur encontre, au lendemain des perquisitions musclées des radios communautaires Estéreo Luz et La voz de Sonora par la police nationale dans le département de Quiché, le 21 avril 2014. Ces radios ont été soudainement fermées sur ordre du ministère de l’Intérieur sans raison apparente. Les agents qui se sont présentés dans les locaux des deux radios n’ont fourni aucun mandat de perquisition. Une première perquisition a eu lieu dans les locaux de la radio Estéreo Luz à Ixcán, commune du département de Quiché, où les agents armés de la police nationale ont fait irruption sans présenter de mandat de perquisition. Juan Tzul, le directeur de la radio, a dénoncé l’attitude violente des agents de police qui ont braqué leur arme sur plusieurs personnes. D’après la radio Voces del Iximulew, un matériel d’une valeur de 30 000 quetzales (environ 3800 dollars) aurait été enlevé par les autorités. Une perquisition similaire a touché la radio La voz de Sonora, dans la même ville, qui s’est soldée par une arrestation et la confiscation de matériel de transmission à hauteur de 60 000 quetzales (environ 7700 dollars). “Reporters sans frontières exige le rétablissement des radios Estéreo Luz et La voz de Sonora, déclare Camille Soulier, responsable du bureau Amériques de Reporters sans frontières. Ces dernières doivent obtenir les fréquences légales dans les plus brefs délais. Le Guatemala est marqué par une concentration médiatique extrême contraire au pluralisme.” La législation guatémaltèque défavorise les médias associatifs, notamment depuis la réforme de la loi générale des télécommunications de 2011. Cette loi a permis aux médias déjà dépositaires de fréquences de les renouveler tout en omettant de régulariser la situation des médias communautaires. Reporters sans frontières demande aux autorités guatémaltèques de traiter ce problème au plus vite, afin de créer un espace médiatique égalitaire et pluriel, seul véritable garant de la liberté de l’information. Il conviendrait de suivre l’exemple de l’Argentine qui en 2012 a approuvé la loi des services de télécommunications audiovisuelles (SCA), qui octroie un tiers des fréquences aux médias associatifs. Le gouvernement uruguayen a également pris le chemin du pluralisme médiatique en présentant le projet de loi SCA au Sénat en mai 2014, au terme d’une série de débats productifs avec la société civile. Le Guatemala est 125e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2014.