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15 septembre 2017 - Mis à jour le 25 septembre 2017

Deux journalistes birmans détenus au Bangladesh pour leur enquête sur les Rohingyas

Des réfugiés rohingyas traversent la frontière pour entrer au Bangladesh (Munir Uz Zaman/AFP)
Deux journalistes birmans, mandatés par le magazine allemand GEO pour couvrir la crise des Rohingyas, ont été arrêtés la semaine dernières par les autorités bangladaises, et sont depuis retenus dans la ville de Cox’s Bazar, dans le sud-est du pays. Accusés d’espionnage, ils risquent cinq ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités de Dacca à faire preuve de discernement dans le traitement de cette affaire.

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Actualisation (25 septembre 2017) :

Les journalistes birmans Minzayar Oo et Hkun Lat ont été libérés sous caution vendredi 22 septembre par la cour de Cox’s Bazar. Pour autant, leurs trois chefs d’accusation n’ont pas encore été abandonnés, de sorte que les reporters ne peuvent pas quitter le territoire bangladais. Soulagée de cette libération, RSF appelle les autorités de Dacca à abandonner les charges qui pèsent contre ces deux journalistes et, plus globalement, à laisser la presse faire son travail de documentation de la crise des Rohingyas.

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Ils risquent cinq ans de prison pour avoir enquêté sur les Rohingyas. Le photoreporter birman Minzayar Oo et son assistant Hkun Lat sont détenus depuis huit jours dans la prison de Cox’s Bazar, dans le sud-est du Bangladesh. Alors qu’ils couvraient l'afflux de près de 400.000 réfugiés rohingyas qui fuient la Birmanie depuis fin août, ils ont été arrêtés par la police locale le 7 septembre. Celle-ci n’a rendu l’information publique que le 15 septembre. Entre temps, les deux journalistes ont été transférés vers la capitale, Dacca, pour être secrètement interrogés avant d’être renvoyés derrière les barreaux à Cox’s Bazar.


Selon la police, ils auraient pénétré le territoire bangladais avec des visas de touriste, et non de journalistes, ce pour quoi ils sont accusés d’“usurpation d’identité” et de propagation de “fausse information”, deux accusations relativement mineures, selon leur avocat Jyotirmoy Barua. Mais les autorités leur ont attribué un troisième chef d’accusation, celui d’espionnage : le chef de la police de Cox’s Bazar affirme qu’“ils collectaient des informations sur les Rohingyas pour la Birmanie". Ils risquent pour cela cinq années d’emprisonnement.


“Nous sommes très préoccupés par ce chef d’accusation, qui ne repose sur aucune preuve et répond vraisemblablement à des motifs qui les dépassent, déclare Daniel Bastard, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. Les deux journalistes, dont le professionnalisme est unanimement reconnu, essayaient juste de faire leur travail en documentant cette zone de crise aigüe.”


Leur demande de mise en liberté sous caution a été rejetée jeudi 14 septembre. Ils n’ont pas été en mesure de rencontrer leur avocat. RSF appelle les autorités bangladaise à traiter cette affaire dans le respect de l’Etat de droit.


Le Bangladesh occupe la 146ème place sur 180 dans le Classement mondial pour la liberté de la presse 2017 établi par RSF.