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11 mars 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Deux journalistes assassinés à Mazatenango


Reporters sans frontières (RSF) condamne l’assassinat de Danilo Lopez et Federico Salazar, correspondants de Prensa Libre et Radio Nuevo Mundo à Mazatenango, dans le département de Suchitepéquez (sud-ouest du pays) et s’inquiète de la situation des acteurs de l’information dans le pays. Le 10 mars, deux individus à moto ont assassiné Danilo Lopez et Federico Salazar, correspondants de Prensa Libre et Radio Nuevo Mundo dans le centre-ville de Mazatenago. Les faits se sont déroulés à “20 mètres d’un commissariat”, précise l’association de presse de Suchitepéquez. Un journaliste local, Marvin Túnchez, a été blessé lors de l’attaque. Danilo López avait été l’objet d’intimidations de la part de plusieurs autorités du département en raison de ses articles critiques, notamment sur le manque de transparence dans la gestion des ressources publiques. Miguel Angel Méndez Zetina, directeur de Prensa Libre, rapporte que Danilo López avait d’ailleurs déposé plainte contre le maire de San Lorenzo pour menaces de mort. Le directeur de Radio Nuevo Mundo, Marvin Robledo, n’était, lui, au courant d’aucune menace à l’encontre de son collègue. “Reporters sans frontières exhorte les autorités à mener une enquête indépendante, exhaustive et impartiale et à traduire les coupables en justice, déclare Claire San Filippo, responsable du bureau Amériques de l’organisation. Nous sommes profondément préoccupés par la situation des acteurs de l’information au Guatemala. Depuis l’annonce d’un programme de protection des journalistes en novembre 2014, le gouvernement n’a donné aucune information sur sa politique en la matière et la situation est loin de s’améliorer. Nous demandons aux autorités de mettre urgemment en place des mesures efficaces de protection pour garantir la sécurité physique des journalistes et éviter que cette année électorale, particulièrement à risque pour la profession, ne se transforme en drame annoncé.” Suchitepéquez est le département où les actes les plus graves à l’encontre des journalistes ont été enregistrés au cours des dernières années. Mi-février 2014, le journaliste Nery Morales, a échappé à une tentative d’assassinat. Le 12 août 2013, le journaliste Fredy Rodas aussi. Une semaine plus tard, Carlos Alberto Orellana Chavez était assassiné. Le Guatemala reste extrêmement dangereux pour la profession et les conditions d’exercice de la liberté d’information s’y sont dégradées en 2014. Les exactions à l’encontre des journalistes sont en hausse depuis l’an dernier. Celles-ci incluent notamment des pressions, menaces, harcèlement, intimidations, agressions et assassinats de journalistes et collaborateurs des médias. Elles se déroulent dans un climat d’impunité quasi totale qui génère une autocensure particulièrement néfaste. Nombre de journalistes limitent leurs enquêtes sur des sujets sensibles comme le crime organisé ou la corruption des agents publics par peur de représailles violentes. Les professionnels des médias se sentent d’autant plus vulnérables qu’ils sont le plus souvent victimes des institutions supposées garantir leur sécurité : les autorités et les forces de l’ordre. Le Guatemala est 129ème sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2015.