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22 novembre 2016 - Mis à jour le 28 février 2017

Deux ans de prison pour trois membres du syndicat des journalistes égyptiens

Head of Syndicate Yahia Qalash in early May - MOHAMED EL-SHAHED / AFP
Reporters sans frontières (RSF) dénonce le harcèlement du régime égyptien à l’encontre du syndicat des journalistes. Les trois principales figures du syndicat ont écopé le 20 novembre de deux ans de prison chacune pour avoir abrité en mai dernier deux journalistes recherchés par les autorités.

Le 19 novembre dernier, un tribunal de première instance a condamné Yahya Qallash, président du syndicat des journalistes, Gamal Abd El-Raheem, secrétaire général, ainsi que Khaled El-Balshy, directeur du comité des libertés (et rédacteur en chef du journal Al Bedaiah), à deux ans de prison ferme pour avoir abrité deux journalistes au sein du syndicat en mai dernier alors qu’ils étaient recherchés par la justice. Les trois membres du syndicat, qui n’étaient pas présents lors de l’audience, ont finalement fait appel de la décision en payant une caution de 10 000 livres égyptiennes (soit environ 530 euros), dont la première audience aura lieu le 25 décembre prochain.


La situation des journalistes ne s’améliore pas en Egypte, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient. Cette condamnation sans précédent à de la prison ferme pour des figures clefs du syndicat des journalistes laisse entrevoir des perspectives de plus en plus sombres pour l’avenir de la presse dans le pays. RSF demande également aux autorités de libérer tous les journalistes détenus pour avoir simplement exercé leur métier”.


A la suite du raid policier à l’encontre du syndicat le 1er mai dernier, les deux journalistes du site d’opposition Yanair, Mahmoud Saqqa et Amr Badr, avaient été arrêtés alors qu’ils faisaient un sit-in à l’intérieur du syndicat. Accusés de diffusion de fausses rumeurs sur la cession des deux îlots, Tiran et Sanafir, à l’Arabie saoudite, et d’incitation à manifester contre le pouvoir en avril dernier, ils avaient été relâchés provisoirement en août et septembre derniers.


Journalistes en détention provisoire


Le 19 novembre dernier avait également lieu une audience dans l’affaire dite de la “dispersion du sit-in de Rabaa” dans laquelle le photo-journaliste égyptien Mahmoud Abou Zeid, connu sous le pseudonyme “Shawkan”, est poursuivi aux côtés de plus de 700 accusés. La prochaine audience se tiendra le 10 décembre prochain. Ses avocats ont réitéré leur demande de libérer le journaliste qui souffre de l’hépatite C pour des raisons médicales. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU a émis une opinion le 21 octobre dernier sur Shawkan reconnaissant sa détention comme étant arbitraire et appelant à sa libération immédiate.


Un juge a ordonné le 20 novembre la libération provisoire du journaliste et spécialiste du Sinaï, Ismail Alexandrani - un des nominés au prix RSF 2016 - en détention provisoire depuis novembre 2015 pour diffusion de fausses informations et appartenance à la confrérie des frères musulmans. Cette libération a été bloquée par le procureur qui a décidé de faire appel de la décision du juge. Une démarche acceptée par la Cour le 22 novembre ; la détention du journaliste a été renouvelée pour 45 jours.


Journalistes pardonnés


Deux journalistes font partie des 82 prisonniers à avoir bénéficié le 17 novembre dernier d’un pardon présidentiel : Islam al-Behairy, présentateur télé sur la chaîne privée Al-Kahera wal Nas arrêté en décembre 2015 et condamné à un an de prison pour blasphème, et Mohamed Ali Salah, photojournaliste pour le journal d’opposition en ligne El-Shaab el-Jadeed arrêté en décembre 2013 alors qu’il couvrait une manifestation des étudiants de l’université d’Al-Azhar à Nasr city (à l’est de la capitale) et condamné à trois ans de prison pour entre autres diffusion de fausses informations, et manifestation sans autorisation.


Le pays figure à la 159ème place (sur 180) du Classement 2016 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.