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18 juillet 2007 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Déjà six mois depuis l'assassinat du journaliste Hrant Dink


Reporters sans frontières s'associe à la famille, aux amis et confrères du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink assassiné il y a six mois, le 19 janvier 2007. “Nous appelons les autorités à poursuivre leurs investigations et à faire la lumière sur cette affaire. Le procès des assassins présumés du journaliste, qui s'est ouvert le 2 juillet à Istanbul, et dont la prochaine audience doit avoir lieu le 1er octobre, représente un test crucial pour la justice turque. C'est son indépendance qui est ici en jeu”, a déclaré l'oraganisation de défense de la liberté de la presse. “Nous ne saurons nous satisfaire d'un procès où seule une partie des responsables se trouverait sur le banc des accusés. Toutes les responsabilités doivent être établies, y compris au sein des forces de l'ordre si nécessaire. Il est indispensable que la justice expose les différentes connections entre les militaires, la police et les autorités qui auraient pu être mises à l'oeuvre dans cette affaire”, selon Reporters sans frontières. Reporters sans frontières s'est rendue à Istanbul à l'ouverture du procès et a pu constater combien la mobilisation était forte. “Nous sommes tous témoins et nous voulons la justice”, pouvait-on lire sur une banderole déployée devant le tribunal par de nombreux manifestants vêtus de noir. Né en 1954, Hrant Dink, le directeur d'Agos, principal hebdomadaire arménien de Turquie, incitait, depuis des années, ses concitoyens à aborder sereinement la question du génocide arménien de 1915. Malgré les accusations et les menaces, il a toujours refusé de quitter la Turquie. Lors de sa dernière interview, il avait confié : « C'est ici que je veux poursuivre le combat. Car ce n'est pas seulement mon combat, c'est le combat de tous ceux qui veulent la démocratisation de la Turquie. Si je me rends et que je quitte le pays, ce sera la honte pour tous. Mes ancêtres ont vécu dans ce pays, c'est ici que sont mes racines et j'ai le droit de mourir dans le pays qui m'a vu naître ». Les 18 accusés sont de Trabzon, une ville au bord de la mer Noire, réputée pour sa violence ultranationaliste. Le plus jeune, Ogün Samast, âgé de 17 ans, est celui qui a tiré. Les commanditaires présumés, Erhan Tuncel et Yasin Hayal, risquent la réclusion à perpétuité. Les 15 autres prévenus seront jugés pour complicité.