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1 avril 2020

Coronavirus : les ambassadeurs chinois doivent cesser de dénigrer les médias

Reporters sans frontières (RSF) demande aux ambassadeurs chinois de cesser de dénigrer les médias qui critiquent la gestion du coronavirus par le régime.

Alors que la pandémie de coronavirus continue de s’étendre, mais semble se stabiliser en Chine, le régime de Pékin a engagé par la voix de ses ambassadeurs une véritable campagne internationale de dénigrement des médias traitant de sujets liés à la pandémie de coronavirus et à la Chine. Reporters sans frontières (RSF) demande aux ambassadeurs chinois de mettre immédiatement fin à ces pratiques.


« L’attitude des ambassadeurs chinois participe d’une politique concertée au plus haut niveau du régime pour contrôler l’information hors de ses frontières »,  rappelle Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), citant à l’appui le rapport d’enquête publié en 2019 par RSF et intitulé « Le nouvel ordre mondial des médias selon la Chine. »


Lundi 16 mars, l'ambassade de Chine au Pérou, dirigée par le diplomate Liang Yu, a ainsi qualifié « d'irresponsables » les propos du prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, qui avait estimé dans El País and La República que la crise du coronavirus n’aurait pas eu lieu « si la Chine avait été un pays libre et démocratique plutôt qu’une dictature. »   


L’ambassade de Chine au Canada, dirigée par le diplomate Cong Peiwu, a pour sa part publié trois billets d’humeur les 7, 26 et 28 mars, dans lesquels elle accuse le quotidien National Post d’avoir « inventé de toutes pièces » la censure en Chine et qualifie aussi « d’irresponsables » les correspondants et les sources du quotidien The Globe and Mail ayant contribué à une enquête sur la filière chinoise de production de masques médicaux.


Début mars, l’ambassade de Chine en Australie, dirigée par le diplomate Cheng Jingye, a pour sa part envoyé un courriel à certains journalistes leur reprochant de « politiser » l’épidémie. Quant à l’ambassadeur de Chine en France, Lu Shaye, habitué des diatribes contre les journalistes, il s’est fendu hier d’un nouveau billet d’opinion dans lequel il accuse encore « certains médias français » d’avoir « franchi la ligne rouge » en « insultant gratuitement la Chine. »


Depuis janvier, le régime chinois est sous le feu des critiques du fait de sa politique de censure qui aurait contribué à la propagation de l’épidémie de coronavirus, qui à ce jour a tué plus de 40 000 personnes et affecté près de 900 000, ainsi que sa transformation en pandémie.


La Chine se situe au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019.