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11 avril 2014 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Condamnation pour “mauvaises manipulations des technologies de l’information”


Reporters sans frontières exprime son indignation devant la peine de deux ans et demi d’emprisonnement à l’encontre de Ali Maaraj, le 8 avril 2014. Le blogueur a été condamné pour “insultes au roi” et “mauvaises manipulations des technologies d’informations”.

Reporters sans frontières dénonce ces accusations absurdes et demande la libération immédiate du blogueur ainsi que l’abandon des charges qui pèsent contre lui. Les autorités bahreïnies montrent une fois de plus leur mépris envers la liberté de l’information et leur méfiance vis-à-vis des outils de diffusion.

Ali Maaraj a été arrêté chez lui par les forces de l’ordre le 7 janvier dernier. Son ordinateur a alors été saisi. Au même moment, son frère a été arrêté à son lieu de travail. Il a été relâché un mois et demi plus tard.

Maaraj publiait des articles sur le blog Luluwa Awel. Il est connu pour ses positions critiques envers le royaume et pour avoir publié des rapports et informations sur les manifestations qui touchent le Bahreïn.

Le procureur général a déclaré que le blogueur “ a causé intentionnellement des désagréments aux autres à cause d’une mauvaise manipulation des technologies d’informations”, ce qui lui a valu une peine de 6 mois qui se rajoute à la peine de deux ans pour “insultes au roi”. Lors de son procès devant une cour pénale, le juge a refusé de faire comparaitre les témoins de l’accusé et s’est contenté de trois audiences pour rendre un verdict aussi sévère.

Les acteurs de l’information et les défenseurs des droits de l’homme sont souvent pris pour cible par les autorités bahreïnies. Ahmed Humaidan, photographe âgé de 26 ans, a été condamné, le 26 mars 2014, à une peine de dix ans de prison ferme pour “avoir attaqué le commissariat de police de Sitra” le 8 avril 2012, alors qu’il était sur les lieux pour y prendre des photos des exactions commises par les forces de l’ordre. Le Bahreïn figure au 163e rang sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontière et dans le rapport annuel des “Ennemis d’Internet”