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30 juin 2020

Condamnation à mort du directeur d’Amadnews en Iran : “une peine inhumaine et inacceptable prononcée à l’issue d’un procès inique”

Reporters sans frontières (RSF) dénonce avec la plus grande vigueur la condamnation à la peine capitale prononcée par la justice iranienne contre le directeur de la chaîne Telegram AmadNews, Rouhollah Zam, et demande l’annulation d’une peine inacceptable.

La sentence est tombée ce mardi 30 juin, près de cinq mois et demi après l’ouverture de son procès à Téhéran.  L’opposant Rouhollah Zam qui dirigeait la chaîne Telegram AmadNews et le site d’information du même nom, et qui vivait depuis plusieurs années en exil en France, a été condamné  à la peine capitale.   "Le tribunal a considéré que les 13 chefs d'accusation (ndlr : retenus contre lui) équivalaient au chef d'accusation 'corruption sur terre' et a donc prononcé la peine de mort", selon le porte-parole Gholamhossein Esmaïli, cité par le site officiel de la justice iranienne Mizan Online.


Enlevé le 12 octobre 2019 en Irak par des gardiens de la révolution iranienne et emmené de force en Iran, Rouhollah Zam, personnalité très controversée en Iran et parmi la diaspora iranienne, notamment en raison de ses liens avec des services de renseignement étrangers, comparaissait depuis le 10 février devant la 15e chambre du tribunal de la révolution de Téhéran et le juge Aboulghasem Salevati, connu pour être l’un des pires « bourreaux » des journalistes iraniens.  RSF avait dénoncé un procès inique, qui mettait en danger la vie et l’intégrité de Rouhollah Zam. 


Après avoir été enlevé et arrêté illégalement, Rouhollah Zam a ensuite été jugé de façon inique avant d’être condamné à une peine inhumaine et inacceptable, dénonce le responsable du bureau Iran-Afghanistan à RSF, Reza Moini. Nous demandons aux autorités judiciaires iraniennes d’annuler au plus vite cette décision. Ce jugement doit être dénoncé avec d’autant plus de vigueur qu’il a été prononcé dans un pays qui a déjà été à plusieurs reprise critiqué par l’ONU pour ses exécutions abusives.” 


L’accusation de « corrupteur de la terre », qui vient de l’expression coranique “Môfsed-e-Fel'Arz "; et qui correspond à une des accusations les plus graves utilisées par les tribunaux révolutionnaires, sous-entend que c’est l’âme et tout l’être de la personne jugée qui est coupable du crime reproché.


L’Iran, qui a perdu trois places dans la toute dernière édition du Classement mondial de la liberté de la presse se situe désormais à la 173e place sur 180 pays.