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23 août 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Condamnation à huit mois de prison d'un journaliste récemment libéré


Le 23 août 2002, Abdallah Zouari (voir photo), journaliste de l'hebdomadaire Al Fajr, récemment sorti de prison où il a passé onze ans, a été condamné à huit mois ferme pour "refus d'obtempérer à une décision administrative". Il n'avait pas voulu se plier à une décision arbitraire.
Le 23 août 2002, Abdallah Zouari (voir photo), journaliste de l'hebdomadaire Al Fajr, récemment sorti de prison où il a passé onze ans, a été condamné par le tribunal de Zarzis (sud du pays) à huit mois de prison pour "refus d'obtempérer à une décision administrative". "Cette condamnation scandaleuse s'inscrit dans le cadre d'une offensive contre la liberté d'expression et ses défenseurs. On peut citer à titre d'exemple les récentes sentences à l'égard de Hamma Hammami et Zouhair Yahyaoui. Depuis le 11 septembre 2001 et plus encore depuis le référendum du 26 mai 2002 qui permet désormais au président Ben Ali de briguer un quatrième mandat, ce dernier a le sentiment de jouir d'une totale impunité", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. "Par ailleurs, condamner un homme dont la vie a déjà été détruite par onze ans de prison est tout simplement inhumain. Nous demandons la libération immédiate de ce journaliste", a ajouté le secrétaire général. Le 23 août 2002, le tribunal cantonal de Zarzis a condamné Abdallah Zouari, journaliste de l'hebdomadaire Al Fajr (interdit) à huit mois de prison pour "refus d'obtempérer à une décision administrative". Dans une lettre datée du 15 juillet, le ministère de l'Intérieur avait notifié à Abdallah Zouari une mesure d'éloignement à Zarzis, dans le gouvernorat de Mednin, alors qu'il résidait à Tunis. Le journaliste avait refusé de se plier à cette décision qu'il avait qualifiée d'"arbitraire". Il avait déposé un recours auprès du tribunal administratif. Celui-ci n'a toujours pas rendu sa décision. Le 19 août dans l'après-midi, des policiers l'avaient arrêté, à Tunis, et l'avaient conduit à la prison de Harboub, dans le gouvernorat de Mednin (sud du pays). Le juge a refusé le report de l'audience qui avait été demandé par les avocats du journaliste. Pour l'un d'entre eux, rien ne justifiait cette décision d'éloignement dans la mesure où le journaliste est domicilié dans la banlieue de Tunis et non à Zarzis où seule une partie de sa famille réside. Les avocats ont décidé d'interjeter appel. Après avoir purgé onze ans de prison, Abdallah Zouari, avait été libéré le 6 juin 2002. Collaborateur d'Al Fajr, organe officieux du mouvement islamiste Ennahda, il avait été arrêté le 12 avril 1991 et condamné à onze ans de prison pour "appartenance à une organisation illégale". Il avait également été condamné à cinq ans de contrôle administratif au terme de sa peine. Cette condamnation signifie que l'ex-détenu doit se présenter régulièrement au commissariat le plus proche de son domicile. Un collègue d'Abdallah Zouari croupit en prison depuis 1991. Hamadi Jebali, directeur de l'hebdomadaire Al Fajr, a été condamné par la cour militaire de Tunis à seize ans de prison pour "agression dans l'intention de changer la nature de l'Etat" et "appartenance à une organisation illégale". Il venait de purger une peine d'un an de prison pour avoir publié un article qui critiquait le système des tribunaux militaires.