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27 juin 2008 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Climat d'hostilité grandissante envers la presse : Reporters sans frontières demande au Président Wade d'intervenir


Reporters sans frontières demande au président sénégalais Abdoulaye Wade de prendre des mesures pour apaiser les tensions entre la police et le camp présidentiel, d'un côté, et les journalistes de certains médias accusés de parti pris. "Les récentes agressions de journalistes nous inquiètent. Dans ce contexte, il appartient au président de la République en tant que garant de l'Etat de droit de restaurer un climat de confiance. Nous lui demandons de veiller à ce que des instructions soient données aux forces de sécurité et aux membres du PDS pour que le travail de la presse, même celle proche de l'opposition, soit respecté", a déclaré l'organisation. Le 26 juin 2008, Ousmane Mangane et Pierre Dasylva, journaliste et cameraman du groupe audiovisuel privé Walfadjri, ont été conduits de force au poste de police par des membres du parti au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS). Alors qu'ils couvraient la réunion du parti, les journalistes ont été sommés par les partisans d'interrompre leur reportage, ce qu'ils ont refusé de faire. Ils ont été autorisés à quitter le commissariat, puisque aucune charge ne pesait contre eux. Le 21 juin, Boubacar Campbell Dieng, journaliste de la station privée Radio Futurs média (RFM), et Karamoko Koné, de la West Africa Democracy Radio (WADR), ont été agressés par des policiers, à l'issue d'un match qui opposait l'équipe nationale du Sénégal à celle du Libéria au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar. Le journaliste de RFM a été hospitalisé dans une clinique de la capitale. Une marche organisée par le Collectif de la presse régionale pour dénoncer cette agression, le 26 juin à Kaolack (Centre), a rassemblé deux cents personnes. "Nous voulons que justice soit faite sur l'agression de nos collègues", a déclaré un membre du collectif interrogé par l'AFP. Le 13 juin, Babou Birame Faye, journaliste de l'hebdomadaire privé Week end, avait été brutalisé et injurié par le khalife général, chef spirituel des Mourides, alors qu'il l'attendait dans sa résidence pour l'interviewer. Reporters sans frontières avait déjà dénoncé, dans un communiqué daté du 31 mars, le comportement violent des forces de l'ordre sénégalaises envers les journalistes couvrant la répression d'une manifestation contre la vie chère, qui s'était déroulée la veille à Dakar. Plusieurs groupes de presse, dont Walfadjri, sont fréquemment accusés par le gouvernement de parti pris en faveur de l'opposition.