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29 juillet 2019 - Mis à jour le 12 août 2019

Chine : RSF réclame la grâce pour le journaliste Huang Qi, condamné à 12 ans de prison

PHOTO: FRED DUFOUR / AFP
Reporters sans frontières (RSF) appelle le président chinois Xi Jinping à gracier le journaliste Huang Qi, double lauréat du prix RSF, condamné aujourd'hui à 12 ans de prison en dépit de très graves problèmes de santé.

La Cour populaire intermédiaire de Mianyang (Sichuan) a condamné lundi 29 juillet le journaliste d'investigation chinois Huang Qi, 56 ans, à une peine de 12 ans de prison pour « révélation de secrets d'État » et « divulgation de secrets d'État à l’étranger », après deux années de détention provisoire et un jugement à huis clos le 14 janvier dernier. Le journaliste, lauréat du Prix RSF de la liberté de la presse 2004 et fondateur du site d'informations sur les droits humains 64 Tianwang, Prix RSF 2016, est en réalité puni pour avoir dénoncé dans ses articles les violations des droits humains dont se rendent coupables certains officiels chinois.


« Cette sentence équivaut à une condamnation à mort compte tenu de l’état de santé catastrophique de Huang Qi, qui a déjà passé plus de dix années de sa vie en détention, s’indigne Christophe Deloire, secrétaire-général de Reporters sans frontières (RSF), qui appelle le président Xi Jinping à « faire preuve d’humanité en exerçant son droit de grâce, afin que le journaliste soit libéré avant qu’il ne soit trop tard.»


Dans une déclaration publiée le 20 décembre 2018 par le Haut commissariat aux droits de l’Homme (HCDH) suite à une requête déposée par Reporters sans frontières (RSF), quatre experts des droits humains à l’ONU appelaient aussi à la libération immédiate du journaliste, mettant en avant le fait que son état de santé risquait de «continuer à se détériorer jusqu'à un point fatal» s’il restait en détention, du fait des mauvais traitements et de l’absence de soins subis.


En 2017, le lauréat du prix Nobel de la paix et du prix RSF, Liu Xiaobo, et le blogueur dissident Yang Tongyan sont tous deux morts d'un cancer non traité en détention, et au moins dix journalistes prisonniers risquent de subir le même sort.


La Chine détient dans ses geôles plus de 114 journalistes et se trouve au 177e rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse 2019.