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24 septembre 2019 - Mis à jour le 25 septembre 2019

Chine : la carte de presse conditionnée à un test de fidélité au Parti communiste

L’obtention ou le renouvellement de la carte de presse chinoise sera conditionnée à la réussite d’un examen de fidélité au Parti et au président Xi Jinping.

Le mois dernier, le Département central de la propagande du Parti communiste chinois a informé les médias que, à compter de la fin de l'année, les journalistes devraient passer un examen obligatoire de fidélité au Parti et au président Xi Jinping pour obtenir ou renouveler leur carte de presse. L'examen, dont les détails ont été révélés le 18 septembre sur le réseau social WeChat, sera conduit au travers de l’application pour smartphone XueXi QiangGuo ("Etudier Xi, Renforcer le pays"), lancée en janvier pour disséminer la propagande du président.


« Cet examen grotesque vise de toute évidence à intimider les journalistes et fournira au régime l'excuse parfaite pour écarter les dernières voix critiques dans les médias »,  s’indigne Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce « une mesure digne de la Corée du Nord, pays dans lequel les journalistes sont contraints d’adhérer au Parti et n’ont d’autre fonction que de servir la propagande du Grand Leader. »


Un test pilote impliquant 10 000 journalistes dans 14 médias publics débutera à Pékin en octobre. L'examen comprendra cinq sections dont une consacrée aux « Pensées de Xi Jinping » et une autre dédiée au « Journalisme marxiste ». Les journalistes devront obtenir au moins 80 points sur 120 pour réussir et ne pourront repasser l’examen qu'une seule fois.


Depuis qu'il accédé au pouvoir en 2013, le président Xi Jinping a très fortement renforcé le contrôle des médias privés et publics ainsi que la censure et la surveillance de l'Internet. Plus de 115 journalistes professionnels et non professionnels sont actuellement détenus dans les geôles chinoises dans des conditions qui laissent craindre pour leur vie.


La Chine a chuté cette année au 177ème rang sur 180 dans le Classement mondial RSF de la liberté de la presse, seulement deux rangs au dessus de la Corée du Nord.