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7 février 2019 - Mis à jour le 12 février 2019

Canada : La police bloque l’accès d’une manifestation anti-gazoduc à des journalistes

CARL COURT / AFP
La police canadienne a empêché la presse d’accéder à des terres autochtones où se déroulait une manifestation contre un projet de gazoduc. Reporters sans frontières (RSF) dénonce un mépris flagrant du droit des journalistes à couvrir un événement impliquant forces de l’ordre et manifestants.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a érigé, lundi 7 janvier, un barrage sur une route menant aux campements de membres de la nation autochtone Wet’suwet’en, dans le nord de la Colombie britannique. Ce faisant, elle a bloqué l’accès aux journalistes qui étaient venus couvrir une manifestation organisée par cette communauté contre la construction d’un gazoduc sur leurs terres. Au cours de ce rassemblement, 14 personnes ont été arrêtées par la GRC et des membres de force d’intervention.

 

Les équipes de CBC TVet du média indigène APTN Newsfont partie des médias ayant été privés d’accès. La police a invoqué des mesures de sécurité et a fait savoir aux journalistes de APTN Newsqu’ils seraient arrêtés pour obstruction s’ils essayaient de franchir le barrage. Des travailleurs ont quant à eux pu accéder aux lieux, a constaté APTN.

Plusieurs journalistes et manifestants ont par ailleurs rapporté que les communications ont été perturbées dans cette zone, empêchant les reporters présents d’accéder à leurs plateformes de réseaux sociaux et même, parfois, de s’entretenir avec leur hiérarchie. La GRC a publié un communiqué lundi soir dans lequel elle nie avoir délibérément coupé les communications.


 

“Nous condamnons la décision de la GRC de bloquer l’accès des journalistes au territoire Wet’suwet’en, qui a limité l’information sur les actions des officiers de police et des manifestants durant ce rassemblement, a déclaré Margaux Ewen, directrice du bureau Amérique du Nord de RSF. Une telle action va à l’encontre de la liberté de la presse et ce n’est malheureusement pas la première fois que les autorités tentent de limiter l’accès aux manifestations écologiques sur des terres autochtones.”

 

En mars 2017, des plaintes au civil et au pénal avaient été déposées à l’encontre du reporter Justin Brake, qui avait été arrêté pour avoir pénétré sur le site d’un projet hydroélectrique près de Labrador, au Canada, alors qu’il couvrait des manifestations. À la même période, plusieurs journalistes avaient été arrêtés dans la réserve de Standing Rock, aux Etats-Unis, et inculpés après avoir couvert des manifestations organisées contre un oléoduc dans le Dakota du Nord.

 

Le Canada est 18ème sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSFpour 2018.