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27 février 2020

Canada : arrestation par la police d’une journaliste américaine couvrant les manifestations autochtones

Geoff Robins / AFP
Après l’arrestation, le 24 février, de la réalisatrice de films documentaires Melissa Cox, Reporters sans frontières (RSF) appelle la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à respecter les droits des journalistes couvrant les manifestations autochtones et à leur garantir la possibilité d’exercer leur métier sans subir d’action punitive. La GRC se doit de ne pas porter d’accusation contre cette journaliste.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté la réalisatrice de films documentaires américaine Melissa Cox le 24 février à New Hazelton, en Colombie- Britannique. Celle-ci travaillait sur les actions des défenseurs de la terre de la Première Nation Wet’suwet’en contre la construction d’un gazoduc à travers leur territoire. Au moment de son arrestation, Melissa Cox filmait des chefs tribaux et des protestataires en train de bloquer les rails de chemin de fer traversant la ville en geste de solidarité avec les Wet’suwet’en. Elle portait un badge presse. 

 

Lors de l’arrestation, laGRC aurait fait preuve d’un recours excessifà la force en tordant le bras de la réalisatrice et en jetant sa caméra au sol. Bien que la police n’ait pas émis d’accusation contre elle, Melissa Cox est appelée à comparaître devant le tribunal le 24 avril, date à laquelle les autorités décideront si des charges seront retenues contre la réalisatrice. Ce soir-là, 14 personnes ont été arrêtées lors de la manifestation de solidarité des Gitxsan.

 

"RSF est extrêmement préoccupée d’apprendre que la GRC a arrêté une réalisatrice de documentaires alors qu’elle couvrait des manifestations de solidarité avec la nation Wet’suwet’en, a déclaré Dokhi Fassihian, directrice du bureau Amérique du Nord de RSF. Les autorités ne devraient pas porter d’accusation contre Melissa Cox. Plus encore, ils doivent garantir aux journalistes couvrant les manifestations wet’suwet’en qu’ils peuvent exercer leur métier sans crainte d’une action punitive."

 

Il y a deux semaines environ, des journalistes avaient rapporté que la GRC détenait et menaçait d’arrêter celles et ceux qui couvraient les manifestations en territoire wet’suwet’en – des manifestations qui ont débuté en début d’année après l’annonce de la construction d’un gazoduc à travers le territoire de la Première Nation. Depuis, la GRC s’efforce de faire respecter une injonction du tribunal visant à permettre aux employés de la société de construction de travailler sans entraves. La répression qui s’exerce contre les journalistes dans cette zone va directement à l’encontre d’une décision judiciaire de 2019 affirmant que des conditions spéciales s’appliquent aux journalistes couvrant les manifestations autochtones, et ce même en zone d’injonction.

 

Le Canada occupe le 18e rang sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2019 de RSF.