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25 mars 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Black-out autour du procès des inculpés d'“atteinte à la sécurité nationale”


Lire en arabe (بالعربية) Reporters sans frontières condamne vivement le black-out de l’information imposé par les autorités émiraties autour du procès devant la Cour suprême des 94 Emiratis, accusés de “mettre en danger la sécurité du pays”. Les autorités ont en effet interdit aux médias étrangers d’assister aux débats. Quatre audiences ont déjà eu lieu, et seuls les médias émiratis ont été autorisés à couvrir le procès. Pour celle du 26 mars 2013, en plus d’interdire la présence des médias et des observateurs étrangers, les familles resteront à la porte du tribunal. Par ailleurs, Abdullah Al-Hadidi, net-citoyen, a été arrêté le 22 mars dernier et transféré à la station de police de Khaledyya, poursuivi pour (fausse) “agression” d’un agent en charge de la sécurité du tribunal le 19 mars dernier, et “diffusion de fausses informations” sur Twitter. Cette dernière accusation repose sur la nouvelle loi sur la cybercriminalité, adoptée fin 2012 (Federal Legal Decree N°5/2012), jugée comme pouvant servir de prétexte pour limiter de manière drastique la liberté d’expression et d’information aux Emirats. D’après les informations recueillies par Reporters sans frontières, le juge a refusé, le 25 mars 2013, la demande de liberté conditionnelle formulée par l’avocat du net-citoyen. Son procès devrait s’ouvrir le 27 mars prochain. D’après le Emirates Center for Human Rights, 41 personnes, proches des 94 accusés, pourraient être prochainement arrêtées, supposément en raison des informations qu’elles ont postées sur les réseaux sociaux en lien avec le procès en question. Le Gulf Centre for Human Rights (GCHR), la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), le Arab Network for Human Rights Information (ANHRI) et le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) ont envoyé une mission d’observation aux Emirats arabes unis pour suivre le procès. Les observateurs se sont vu interdire l’accès au tribunal, et les représentants d’Amnesty International n’ont, quant à eux, pas été autorisés à entrer dans le pays. Le 28 janvier dernier, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, parmi lesquelles Reporters sans frontières, avaient dénoncé la vague de répression sur les défenseurs des droits de l’homme et les militants politiques à la veille de l’Examen périodique universel des Emirats arabes unis par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.