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16 février 2021 - Mis à jour le 17 février 2021

Bélarus : les défenseurs des journalistes dans la ligne de mire des autorités

Crédit : AFP
La police a perquisitionné les locaux de l’Association biélorusse des journalistes (BAJ) et le domicile de plusieurs de ses membres. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une attaque orchestrée contre les défenseurs de la liberté de la presse et appelle les instances internationales à agir.

C’est une opération de grande envergure. Le 16 février au matin, la police a perquisitionné les bureaux de l'Association Biélorusse des Journalistes (BAJ), organisation partenaire de RSF dans le pays, et a placé ses locaux sous scellés. Des perquisitions ont également été menées à Minsk, Homiel, Mahiliow et Retchytsa au domicile de trois représentants de la BAJ et six  journalistes. 


Dans la capitale biélorusse, la police a fouillé de fond en comble le logement du vice-président et porte-parole de la BAJ Barys Haretski. Peu de temps après, le président de l’association, Andreï Bastunets, a reçu à son tour la visite des forces de l’ordre. Il a été arrêté et emmené dans les locaux de l’organisation, avant d’être relâché. La police a également pénétré chez un autre vice-président de la BAJ, Aleh Aleyeu, et lui a confisqué son matériel informatique après une fouille minutieuse de son appartement.


Les autorités du Bélarus ont franchi une nouvelle étape dans leur stratégie coercitive : elles s’en prennent désormais aux défenseurs de la liberté de la presse,  s’inquiète la responsable du bureau Europe de l’Est et Asie Centrale de RSF, Jeanne Cavelier. L’organisation dénonce ces attaques contre son partenaire local et appelle les rapporteurs spéciaux des Nations Unies (ONU), la représentante de l’OSCE pour la liberté des médias et les institutions de l’Union européenne à réagir face à cette vague de perquisitions arbitraires, et mettre en œuvre les recommandations de RSF pour sortir de la spirale de la répression.” 


Dans la ville de Homiel, dans l’est du pays, les policiers ont saisi tous les ordinateurs et téléphones de la famille du journaliste indépendant Yauhen Merkis lors d’une perquisition chez son père. Ils ont également mené une fouille, durant plus de trois heures, au domicile de la reporter indépendante Laryssa Shchyrakova. Son matériel a été confisqué, et les forces de l’ordre l’ont interrogée sur le contenu de ses disques durs, ses ressources financières et ses vidéos et photos. 


Cette vague de perquisitions a également touché l’association de défense des droits de l’Homme Viasna et deux représentants du Syndicat des industries de la radio et de l’électronique REP. D’après le Сomité d'enquête du Bélarus, l’opération a été menée en lien avec l’ouverture d’une enquête préliminaire pour “financement ou organisation d’actions portant sérieusement atteinte à l’ordre public” (article 342 du code pénal). 


Ces perquisitions surviennent alors que se déroulait, mardi 16 février, la deuxième audience du procès de deux journalistes de la chaîne biélorusse en exil Belsat, Daria Tchoultsova et Katsyarina Andreyeva, poursuivies en vertu du même article 342 du code pénal. 


Dirigé par Alexandre Loukachenko depuis 1994, le Bélarus occupe la 153e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse de RSF.