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16 juin 2016 - Mis à jour le 8 novembre 2017

Bahreïn: un journaliste condamné à 10 ans en appel, deux blogueurs arrêtés sans motif

©Sayed Ahmed Al Mosawi
Le photographe bahreini Sayed Ahmed Al Mousawi a été condamné en appel le 13 juin à 10 ans de prison, en plus d’être déchu de sa nationalité. Deux autres autres blogueurs et militants bahreinis ont également été arrêtés, sans explication officielle ni mandat d’arrêt.

Le photographe freelance Sayed Ahmed Al Mousawi, lauréat de plus d’une centaine de prix internationaux, a vu sa condamnation confirmée par la cour d’appel le 13 juin, en même temps que 11 autres accusés dans le même procès. Arrêté le 10 février 2014, il avait été condamnéle 23 novembre 2015 pour “distribution de cartes Sims” à des personnes impliquées dans des actes terroristes. Le seul délit du journaliste est d’avoir couvert les évènements en prenant des photos des manifestations opposées au régime en place.


Dans la même foulée, le blogueur Ali Al Mearaj, sorti de prison le 5 avril dernier, a été arrêté à nouveau le 5 juin dernier à l’aéroport de Manama sans mandat d’arrêt, tandis que le défenseur des droits de l’homme et président du Centre pour les droits de l’homme au Bahreïn(BCHR), Nabeel Rajab, a été arrêté à nouveau le 13 juin à son domicile.

“Nous condamnons fermement les poursuites et peines injustes à l’encontre des journalistes et blogueurs harcelés par la justice dès lors qu’ils sont critiques. Accuser de soutien au terrorisme un journaliste qui n’a fait que prendre des photos pour couvrir une manifestation est scandaleux et inacceptable, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. RSF demande aux autorités bahreinies de se prononcer sur les motifs de ces nouvelles arrestations et de libérer les journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur profession”.



Le blogueur Ali Al Mearaj, connu pour ses positions critiques envers le régime, avait déjà été condamné le 8 avril 2014pour “insultes au roi” et “mauvaises manipulations des technologies d’informations”. Libéré le 5 avril 2016 après 27 mois passés en prison, il a été à nouveau arrêté le 5 juin dernier à l’aéroport alors qu’il voyageait pour se rendre à Dubaï. Actuellement en détention, aucun motif n’a pour l’instant été fourni par les autorités pour justifier son arrestation et peu d’informations filtrent à son sujet.


D’un autre côté, le célèbre défenseur des droits de l’homme Nabeel Rajab a été embarqué il y a trois jours tôt dans la matinée par des membres de l’Unité de lutte contre la cybercriminalité, après une fouille de son domicile et la confiscation de son matériel informatique, selon sa famille. Après moins d’un an depuis sa précédente libération en juillet 2015 malgré une interdiction de voyager, il a été placé en détention provisoire pendant sept jours, dans l’attente des résultats de l’enquête. Il serait accusé cette fois de “publication et diffusion de fausses informations” portant atteinte au prestige de l’Etat, selon des informations communiquées par le BHCR. Il est actuellement maintenu à l'isolement.



Le harcèlement à l’encontre des journalistes et des acteurs de l’information se durcit au Bahrein. L’association “Bahrain Photographic Society” a fait l’objet d’une dissolution administrative forcée le 25 Avril 2016, par décision de l’Autorité pour la culture et les antiquités. Les autorités reprochent aux photographes membres de l’association de s’impliquer dans des activités “contraires à la loi et à l’ordre public”.



Le Royaume du Bahrein se place en 162ème position sur 180 du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2016 par Reporters Sans Frontières.