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27 septembre 2021

Bahreïn : qu’attendent les autorités pour libérer Abduljalil Al-Singace ?

Le blogueur Abduljalil Al-Singace, emprisonné à Bahreïn depuis dix ans, est en grève de la faim depuis plus de deux mois pour protester contre ses conditions de détention. Reporters sans frontières (RSF) et l’organisation Americans for Democracy and Human Rights in Bahrain (ADHRB) appellent à sa libération de toute urgence.

Il a perdu plus de 20 kg et sa santé est en grand danger. Le blogueur bahreïni Abduljalil Al-Singace, qui purge une peine de prison à perpétuité, est en grève de la faim depuis le 8 juillet dernier. Selon des informations recueillies par RSF, il ne s’abreuve actuellement que d’eau et de lait en poudre dilué. Aujourd’hui, sa glycémie se situe à un niveau dangereusement bas. Sa tension artérielle et son taux de globules blancs dans le sang ont aussi drastiquement chuté. Depuis le 30 juillet, il a été transféré au centre médical de Kanoo.


L’homme, âgé de 59 ans, dénonce le harcèlement continu que lui infligent les gardiens de prison. Ces derniers écoutent ses conversations téléphoniques avec ses proches, interrompent régulièrement la ligne sans prévenir, le surveillent en permanence dans sa cellule et l'empêchent de dormir. De plus, les travaux de recherche d’Abduljalil Al-Singace, qu’il poursuit en détention, lui ont été injustement confisqués. En 2015, le blogueur avait déjà mené une grève de la faim de plus de 300 jours pour dénoncer son traitement en prison.


En mars, pour ses dix ans de détention, RSF avait appelé les autorités de Bahreïn à libérer le blogueur, dont l’état de santé n’a cessé de se dégrader. Atteint de séquelles musculaires liées à une polio contractée quelques années avant son emprisonnement, il subit des négligences médicales et éprouve de lourdes difficultés à se déplacer car les embouts en caoutchouc de ses béquilles sont usés. Le gouvernement de Manama avait alors adressé une lettre à RSF et affirmé qu’Abduljalil Al-Singace recevait “tous les soins et traitements nécessaires”, ajoutant que le royaume était “fier de son bilan en matière de droits de l’Homme”.


RSF appelle les autorités bahreïnies à libérer Abduljalil Al-Singace de toute urgence, au nom des droits de l’Homme que le royaume prétend protéger, déclare la responsable du bureau Moyen-Orient de RSF, Sabrina Bennoui. Il est déplorable et inacceptable que le blogueur soit contraint d'avoir recours à ce moyen ultime qui menace gravement sa santé pour dénoncer ses conditions de détention.


De son côté, le directeur exécutif d’ADHRB, Husain Abdulla, appelle la communauté internationale, en particulier les alliés du royaume tels que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis à “exercer une pression sérieuse sur le régime bahreïni pour qu'il libère le Dr Al-Singace sans condition”. Selon lui, “le fait qu'il soit détenu depuis plus de 10 ans montre la profondeur de l'oppression à Bahreïn.


En juillet dernier, cinq députés membres du Parlement britannique ont adressé une lettre à leur gouvernement pour exprimer leur inquiétude sur la détention continue d’Abduljalil Al-Singace et en ont appelé à son intervention urgente.


Bahreïn occupe la 169e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.