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20 janvier 2016 - Mis à jour le 8 juin 2016

Attaque contre Tolo TV : des rédactions entières menacées par des attentats d'ampleur

Reporters sans frontières (RSF) fait part de son sentiment d'horreur après l'attaque suicide à la voiture piégée qui a visé la chaine privée afghane Tolo TV et tué au moins 7 de ses collaborateurs.

Mercredi 20 janvier en fin de journée, un kamikaze a foncé sur un minivan de la société de production Kabura appartenant à Moby Group, qui raccompagnait chez eux des salariés. L'attentat, qui s'est produit au centre de Kaboul, a tué au moins sept collaborateurs de la chaîne. L’attaque n'a pour l'heure pas été revendiquée.


« Dans le monde entier les journalistes sont des cibles, mais désormais des rédactions entières sont menacées par des attentats d'ampleur, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de l'organisation. Le djihadisme est l'un des pires prédateurs de la liberté de la presse. Comme à Paris il y a un an, les tueurs ont décidé de s'en prendre à un média par haine pour sa ligne éditoriale et pour la liberté d'expression en général. Nous demandons aux autorités de déployer toutes les ressources dont elles disposent, afin d’appréhender au plus vite les commanditaires de l’attentat. »


Le 12 octobre 2015, les Taliban avaient qualifié de “cibles militaires” les deux plus grandes chaînes privées du pays, Tolo TV et la chaîne 1 TV. Dans leur communiqué signé par la « Commission militaire de l’Émirat islamique d’Afghanistan », ils prévenaient : « désormais, Tolo TV et la 1TV sont considérées par nous comme des cibles militaires et non plus des médias » et précisaient même “Rien n’est à l’abri de nos attaques, ni le personnel (présentateur, reporters, équipes….) ni les bâtiments eux-mêmes.”


En novembre 2015, RSF s’était rendue en Afghanistan afin d’organiser une conférence sur la sécurité des journalistes et de rencontrer plusieurs représentants de l’Etat tels que Abdullah Abdullah, chef du gouvernement, AbdulBari Jahani, ministre de l’Information et de la Culture, Sayed Zafar Hashemi, porte-parole du président de la République du pays, afin de leur demander de mettre en place des mesures concrètes de protection de la presse.


Depuis 2001, les journalistes travaillant en Afghanistan ont payé un lourd tribut. Au moins 34 professionnels des médias, dont 15 journalistes étrangers, ont été tués en raison de leur travail d’information. Dans la majorité des cas, l’impunité demeure la règle.

L’Afghanistan se situe à la 122ème position du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2015.