Actualités

19 juillet 2019 - Mis à jour le 2 août 2019

Assassinat d’un diplomate turc au Kurdistan irakien : un journaliste violemment battu pendant sa couverture

Un journaliste d’Al Jazeera a été frappé par des membres des forces de l’ordre kurdes alors qu’il se rendait sur les lieux de l’assassinat d’un diplomate turc à Erbil. RSF dénonce cette agression physique dirigée délibérément contre un journaliste qui s’est présenté comme tel.

Le bureau d’Al-Jazeera à Erbil a rapporté dans un communiqué, que son directeur, Ahmed Alzawiti, a été violemment battu mercredi 17 juillet par des membres des forces de l’ordre, puis conduit à l’hôpital. Contacté par Reporters sans frontières (RSF), Ahmed Alzawiti explique que les hommes se sont présentés comme des membres de l’unité de lutte antiterroriste et l’ont roué de coups et insulté lorsqu’il s’est lui-même présenté comme journaliste d’Al-Jazeera

Agresser un journaliste parce qu’il tente de couvrir un événement et empêcher les médias de se rendre sur une zone à couvrir est une grave atteinte à la liberté de la presse, dénonce le bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Quant à la coupure des réseaux sociaux, elle est une entrave de plus à l’accès à l’information et dénote une absence de transparence.

Selon le Journalistic Freedoms Observatory (JFO), les forces de sécurité ont confisqué les caméras des médias locaux et étrangers présents sur place, de même que les téléphones portables des passants et les caméras de vidéosurveillance des magasins alentours. Lors de son intervention en direct sur la chaîne locale NRT TV, le journaliste Hersh Qadir ajoute que les médias n’ont pas été autorisés à entrer sur les lieux de l’assassinat.

Les forces de sécurité d'Erbil ont nié toute agression contre les médias.

Par ailleurs, plusieurs sources rapportent que Facebook a été bloqué dans la même soirée avant d’être rétabli. Le Rights Center For Freedom of Expression Support (ICFS) a publié un communiqué dans lequel il fustige ce blocage et tient pour responsable le gouvernement autonome du Kurdistan (KRG). De son côté, le KRG a condamné officiellement l’assassinat, sans mentionner le blocage du réseau social. 


L’Irak est classé 156e au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.