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22 décembre 2016 - Mis à jour le 2 janvier 2017

Arrestation de Huang Qi, fondateur du site d’informations 64 Tianwang, lauréat du prix RSF-TV5 Monde 2016

Photo courtesy of an RFA listener
Huang Qi, fondateur du site web 64 Tianwang a été arrêté à son domicile à Chengdu, dans la province de Sichuan le 28 novembre pour “avoir divulgué des secrets d’Etat”. Reporters sans frontières (RSF) craint qu’il subisse des mauvais traitements et appelle les autorités chinoises à le relâcher immédiatement.

Huang Qi, 53 ans, a été arrêté à son domicile à Chengdu au Sichuan, le 28 novembre dernier. Quinze officiers de police, venant de trois villes de la province de Sichuan (Mianyang, Neijing et Chengdu) ont débarqué au domicile de Huang Qi avant de l’emmener. Selon plusieurs sources, le journaliste a été inculpé pour “divulgation de secrets d'Etat à l'étranger”, une accusation fréquemment employée contre les opposants politiques et qui peut valoir de nombreuses années de prison.


“ 64 Tianwang est l’un des rares sites d’informations en ligne majeurs en Chine, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de Reporters sans frontières. Douze ans après que son fondateur, Huang Qi, a été récompensé par le prix cyber-dissident de RSF, 64Tianwang et ses journalistes-citoyens continuent de subir la répression systématique des autorités chinoises. La disparition de Huang Qi s’inscrit dans ce mouvement de répression contre les défenseurs des droits de l'homme en Chine. Les craintes qu’il soit soumis à de la torture ou des mauvais traitement, s’aggravent. Nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle de Huang Qi.”


Selon l’éditeur du site 64 Tianwang, Huang Qi a été emmené au centre de détention de Mianyang pour avoir enfreint le code pénal et serait probablement emprisonné en attente de jugement durant au moins un an. Reporters sans frontières tente en vain de contacter son avocat. D'après une source proche du journaliste, son avocat s'est rendu dans le Sichuan le 30 décembre 2016 pour rencontrer Huang Qi mais il n'a pas été autorisé à le voir.


Le collaborateur du site, Pu Fei, a par ailleurs été emmené par la police le 28 novembre à la suite d’un tweet sur la disparition de Huang Qi, supprimé depuis. Il a été relâché le 4 décembre. Depuis l’arrestation du journaliste, de nombreux bénévoles du Centre des Droits de l’Homme de Tianwang ont également été arrêtés et interrogés.


La santé de Huang Qi est très préoccupante. Il souffre de nephritis aigu, un trouble des reins et a besoin d’un traitement quotidien.


La Chine occupe la 176e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans frontières ; son président Xi Jiping fait partie des prédateurs de la presse.