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17 juin 2016

Arabie saoudite: Raif Badawi est en prison depuis quatre ans pour un blog

©Claude Truong-Ngoc
Alors que le 17 juin marque le quatrième anniversaire de l’arrestation du blogueur saoudien, Reporters sans frontières (RSF) réitère son appel à libérer Raif Badawi. RSF demande également aux autorités saoudiennes de faire preuve de clémence à l’occasion du Ramadan.

Les messages de solidarité se multiplient sur les réseaux sociaux ce jour-là pour rappeler la terrible épreuve du blogueur et cofondateur du réseau “Liberal Saudi Network” condamné en mai 2014 pour “insulte à l’islam” à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet en plus d’une lourde amende et de dix ans d’interdiction de quitter le territoire une fois libéré.


“Les autorités résistent encore à la pression de la communauté internationale qui appelle à libérer Raif Badawi devenu une icône de la répression envers les voix critiques dans le pays” déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient de l’organisation. “Son maintien en détention ainsi que celle des autres journalistes, professionnels ou non, illustrent l’absence de liberté d’information en Arabie saoudite”.


Selon sa femme Ensaf Haidar qui dirige la campagne internationale pour sa libération, Raif Badawi avait entamé, pour la troisième fois, le 10 juin dernier une grève de la faim pour protester contre l’absence de soins dans la prison centrale de Dhahran pour traiter ses douleurs aux reins. Selon elle, il aurait arrêté sa grève deux jours après qu’on lui a autorisé une visite médicale à une date encore indéterminée. Waleed Abou Al Khair, son avocat mais aussi le fondateur de l’Observatoire saoudien des droits de l’homme, avait lui aussi entamé une grève de la faim le 7 juin dernier pour protester les mauvais traitements qu’il subissait dans la prison de Jeddah. Il y a mis fin le 10 juin dernier après une promesse d’un meilleur traitement, notamment l’accès à l’hôpital et à la bibliothèque de la prison.


Pour rappel, Raif Badawi a été condamné pour ses critiques des figures religieuses dans le système saoudien en vertu de la loi sur la cybercriminalité (2007). Ce lauréat du prix RSF 2014 dans la catégorie “net-citoyen” mais aussi du prix Sakharov 2015 a reçu les premiers 50 coups de fouet le 9 janvier 2015 et les prochaines sessions ont été suspendues à la suite d’une vague d’indignation de la part de la communauté internationale. Son avocat, détenu depuis avril 2014, a été condamné en juillet de la même année en vertu de la nouvelle loi anti terroriste (2014) à 15 ans de prison assortie d’une interdiction de voyager de quinze ans au terme de sa peine. Il a été jugé entre autres pour "désobéissance et rupture de l'allégeance au souverain, manque de respect envers les autorités et outrage à magistrat" mais aussi pour “préparation, stockage et transmission d’informations qui nuisent à l’ordre public”, “incitation à la rébellion”, “publication de fausses informations dans le but de nuire à l’État”, et “création d’une ONG sans autorisation”.


Actuellement 10 journalistes (professionnels ou non) sont emprisonnés en Arabie saoudite.Le pays figure à la 165ème place (sur 180) du Classement 2016 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.