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24 octobre 2002 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Alors que l'Union européenne se penche sur les droits de l'homme en Iran, les pressions sur les journalistes se poursuivent


Reporters sans frontières proteste contre la condamnation de Hassan Youssefi Echkevari à sept ans de prison. Alors que l'Union européenne s'est inquiétée, le 21 octobre, des restrictions à la liberté d'expression en Iran, l'organisation dénonce également les récentes convocations de journalistes par la justice et s'inquiète de la situation de Siamak Pourzand dont la famille est sans nouvelles depuis des mois. " La situation de la liberté de la presse est, plus que jamais, préoccupante en Iran. Nous ne pouvons qu'engager l'Union européenne à exercer davantage de pressions sur le régime de Téhéran ", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, qui a rappelé que dix journalistes sont incarcérés dans ce pays pour des peines allant de trois à onze ans. L'Iran est aujourd'hui la plus grande prison du Moyen-Orient pour les journalistes. Le 12 octobre 2002, lors d'une convocation par le tribunal du clergé, Hassan Youssefi Echkevari, a été informé qu'il avait été condamné à sept ans de prison : quatre ans pour avoir déclaré que le port du voile et le code vestimentaire pour les femmes avaient des origines culturelles et historiques en Iran et que ce n'était pas une nécessité pour l'islam ; un an pour sa participation à la Conférence de Berlin, en 2000, sur le thème des réformes politiques et sociales en Iran ; et deux ans pour " propagation de fausses informations ". Ce théologien et collaborateur du mensuel Iran-é-Farda, avait été incarcéré, le 5 août 2000, à la prison d'Evine, à Téhéran. Son procès s'était tenu à huis clos devant le tribunal spécial du clergé en octobre 2000. Depuis, le verdict n'avait pas été rendu public. Le 21 octobre, Fatemeh Kamali Ahmad Sarahi, directrice de l'hebdomadaire Jamee-e-No et épouse du journaliste Emadoldin Baghi (emprisonné depuis mai 2000), a été interrogée par le tribunal de la presse ainsi que Ezatollah Sahabi, directeur du journal Iran-é-Farda. Le même jour, Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel Iran-é-Farda, et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, a été convoqué par le tribunal révolutionnaire de Téhéran. C'est la première fois qu'il est entendu depuis sa libération sous caution le 16 décembre 2001. Il avait été arrêté par des agents de la sécurité le 24 février 2001. Son procès est toujours en cours. Les semaines passées, Payam Afzalinejad de Cinema-Jahan, avait été convoqué par l'organisation Adareh Amaken, proche des services de renseignement iraniens et Mansour Bozorgian, de Golestan-e-Iran, par le tribunal de la presse. Enfin, depuis plusieurs mois, la famille du journaliste Siamak Pourzand est sans nouvelles de lui. Agé de soixante et onze ans, il est accusé d'"espionnage et d'action contre la sécurité de l'Etat" et "liens avec des monarchistes et des contre-révolutionnaires". Après avoir été enlevé le 29 novembre 2001 par les forces de sécurité, il a été condamné, le 3 mai 2002, à onze ans de prison. Cette peine a été confirmée, en appel, début juillet. Durant les quatre premiers mois de sa détention, dont le lieu était demeuré secret, l'intellectuel et journaliste n'avait pu avoir accès ni à un avocat ni à des soins médicaux. A la tête du centre artistique et culturel de Téhéran, il a également travaillé comme chroniqueur culturel pour plusieurs journaux réformistes qui sont actuellement tous fermés. Il est également connu pour ses nombreuses interventions sur les radios étrangères.