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6 mai 2016

ALGÉRIE - RSF soutient El Khabar face aux manoeuvres des autorités algériennes

Reporters sans frontières (RSF) exhorte les autorités algériennes à respecter les choix des journalistes et propriétaires du quotidien arabophone indépendant El Khabar, visant à assurer la pérennité du journal.

En difficulté financière depuis quelques mois, El Khabar a décidé en mars 2016 de céder une part de ses actions au groupe Ness Prod, filiale du groupe industriel Cevital. Mais cette transaction a pris une tournure politique sans précédent dans l’histoire de la presse algérienne. Le 27 avril, le ministère de la Communication annonçait avoir introduit une action en référé contre Ness Prod auprès du tribunal de Bir Mourad Rais d’Alger, afin qu’il examine la conformité de cette opération financière avec les dispositions du Code de l’information. Le procès, qui devait s’ouvrir le 4 mai, a été reporté au 11 mai prochain.

“Cette tentative d’instrumentalisation de la justice, visant à invalider la décision légitime d’El Khabar, est honteuse, déclare Yasmine Kacha, responsable du bureau Afrique du nord de Reporters sans frontières. Nous exhortons l’Etat algérien à abandonner ce référé, qui a pour objet de s’opposer à la revente des parts du journal . Si les autorités s’obstinent dans leur volonté de bloquer cette transaction, c’est un quotidien indépendant de référence qui risque de disparaître, ce qui serait gravissime pour le droit des citoyens à une information libre”.


Ce nouvel épisode vient s’ajouter à la série d’obstacles auxquels doivent faire face les médias non-alignés, notamment depuis la réélection du président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat, en 2014. En novembre 2015, le site d’information Tout sur l'Algérie (TSA) dénonçait le chantage du ministre algérien de l’Industrie sur les annonceurs privés, pressés de ne pas placer de publicité sur ce média. Plusieurs groupes de presse, dont El Watan et El Khabar, ont fait écho à ce sentiment d’acharnement du gouvernement contre la liberté de la presse.


Le 3 mai 2016, à la radio publique algérienne, le ministre de la Communication, Hamid Grine, tenait des propos extrêmement inquiétants contre “certains” médias qualifiés d’”arrogants”, de “dominateurs” et de porteurs d’un discours “défaitiste” semant la “discorde”, justifiant ainsi les pressions de plus en plus fortes contre la liberté d’informer.


L’Algérie figure à la 129ème position sur 180 au Classement mondial 2016 de la liberté de la presse de RSF.