Actualités

12 mai 2018 - Mis à jour le 16 mai 2018

Alaa Brinji : quatre ans déjà derrière les barreaux pour de simples tweets en Arabie saoudite

Depuis le 13 mai 2014 le journaliste saoudien Alaa Brinji croupit en prison pour des commentaires jugés insultants. Reporters sans frontières (RSF) s’associe à plusieurs organisations de défense des droits des humains pour demander sa libération et la tenue d’un procès en appel équitable.

Ce sont de simples commentaires sur les réseaux sociaux qui ont valu au journaliste Alaa Brinji, qui travaillait pour les journaux locaux Al-Sharq, El Bilad et Okaz d’être arrêté le 13 mai 2014. Deux ans plus tard, il a été condamné à sept ans de prison après avoir fait appel d’un premier jugement, qui l’avait condamné à une peine de prison de cinq ans et une amende de 50 000 riyals saoudiens. Ses propos postés sur les réseaux sociaux ont été jugés insultants. Le journaliste a été reconnu coupable d’avoir violé l’article 6 de la loi anti-cybercriminalité et tourné en ridicule des figures religieuses, des dirigeants saoudiens, et d’avoir ainsi “provoqué l’opinion publique”. Il lui a été également reproché d’avoir “accusé des agents des forces de sécurité d'avoir tué des manifestants à Awamia” (province de l’Est du pays).


D’après nos informations, à aucun moment de la procédure, Alaa Brinji n’a pu être défendu par un avocat. Le journaliste n’a pas réussi non plus à faire accepter sa demande d’appel car le juge qui l’avait condamné en vertu de lois protégeant les sensibilités religieuses du pays a lui-même, depuis, été arrêté lors de la rafle des opposants ou considérés comme tels qui a lieu depuis septembre 2017 dans le royaume.


“Quand un journaliste est condamné à des années de prison pour de simples tweets ou posts Facebook sur la religion ou sur l’impunité des forces de l’ordre, comment peut-on parler d’ouverture et de modernité comme le prône le prince héritier Mohamed Ben Salmane?” s’interroge Reporters sans frontières qui s’associe à six autres organisations pour demander à ce que le journaliste puisse bénéficier d’un procès en appel équitable et comparaître en homme libre.


Le royaume saoudien ne tolère aucun média libre et la répression n’a fait que s’accroître depuis les printemps arabes en 2011 et l’arrivée au pouvoir l’été dernier du prince héritier Mohammed Ben Salmane. Au moins 11 journalistes et journalistes-citoyens sont officiellement emprisonnés en Arabie saoudite, ce à quoi s’ajoute une quinzaine de journalistes, professionnels ou non, détenus sans annonce officielle.



L’Arabie saoudite fait partie des pays qui ont été recensé par RSF comme Ennemis d’Internet et figure à la 169ème place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse en 2018 établi par l’organisation.


La lettre conjointe de RSF, l’European Saoudi Organisation for Human Rights (ESOHR), l’Advocating for Human Rights in Saudia Arabia (ALQST), l’Alkarama Foundation, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) et le Gulf Centre for Human Rights (GCHR) est consultable ici.