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28 août 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Al-Jazeera : la mascarade judiciaire doit être soldée par un acquittement général


Alors que le verdict, dans le procès de trois reporters de l’antenne anglophone de la chaîne Al-Jazeera doit être prononcé samedi 29 août au Caire, Reporters sans frontières (RSF) réitère aux autorités égyptiennes sa demande d’acquittement pour ces journalistes.
Les journalistes d’Al-Jazeera Mohamed Fadel Fahmy, Baher Mohamed et Peter Greste, libérés provisoirement en février dernier après avoir fait plus de 400 jours de prison, devraient être fixés sur leur sort le 29 août. Ce jour-là, les magistrats du Caire devraient enfin rendre leur verdict, qui a été deux fois reporté depuis le 30 juillet. Peter Greste est jugé par contumace depuis son extradition en Australie le 1er février en vertu d’un décret présidentiel. Ses deux confrères ont également été libérés en février. Accusés de “soutien à une organisation terroriste” et de diffusion de “fausses nouvelles”, les trois journalistes avaient été condamnés à une peine de sept à dix ans de prison à l’issue d’un premier procès en juin 2014. Cinq autres journalistes d’Al-Jazeera, dont deux Egyptiens, avaient également été jugés par contumace et condamnés à 10 ans de prison à cette occasion. En janvier 2015, la Cour de cassation avait demandé qu’ils soient rejugés du fait d’un manque de preuves. “Le procès des journalistes d’Al-Jazeera, qui semble aussi un procès politique de la chaîne elle-même, est emblématique de l’état de la liberté de l’information aujourd’hui en Egypte, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). RSF exhorte les autorités égyptiennes à clore le procès Al-Jazeera en abandonnant toute charge à l’encontre des journalistes. La mascarade judiciaire doit être soldée par un acquittement général.” Le régime égyptien est passé maître dans la répression des voix dissidentes, la plupart du temps au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme. Dernièrement, entre le 14 et le 23 août, trois journaux ont été censurés pour des articles critiques du président Abdel Fattah al-Sissi. Avec au moins 15 journalistes derrière les barreaux en raison de leurs activités professionnelles, l’Egypte est l’une des plus grandes prisons du monde pour les professionnels des médias après la Chine, l’Erythrée et l’Iran. Le pays figure à la 158e place sur 180 du Classement mondial 2015 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.