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22 septembre 2015 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Akram Raslan, mort sous la torture dans les geôles syriennes


Reporters sans frontières (RSF) a appris avec stupeur la mort en détention du célèbre caricaturiste syrien Akram Raslan. Il serait mort sous la torture en 2013, quelques mois après son arrestation.

Selon des informations recueillies par RSF, le décès du caricaturiste syrien Akram Raslan est confirmé. Ces derniers jours, des rumeurs sur sa mort s’étaient propagées sur la Toile. Le journaliste syrien a été victime en 2013 des pratiques barbares des forces de sécurité syriennes en prison. Selon l’organisation Cartoonists Rights Network International (CRNI), il a été secrètement jugé devant une cour anti-terroriste en juillet 2013, sans défense ni témoins, quelques temps avant sa mort.

La mort d’Akram Raslan, à la suite d’actes de torture infligés par les sbires du régime rappelle l’enfer qu’est la Syrie pour les journalistes depuis déjà plus de quatre ans, déclare Alexandra El Khazen, responsable du bureau Moyen-Orient & Maghreb de l’organisation. Les journalistes, professionnels ou non, sont pris en étau entre les différents acteurs du conflit, et subissent la terreur des groupes islamistes radicaux et du régime sanguinaire de Bachar al-Assad. RSF réitère son appel au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour pénale internationale afin que l’impunité prenne fin en Syrie”.

Très affaibli par les mauvais traitements en prison, le journaliste avait dû être transféré dans un hôpital en 2013 où il a succombé à ses blessures. Déjà à l’époque, des rumeurs s’étaient répandues sur sa mort, sans pour autant avoir pu être confirmées.

Le caricaturiste syrien avait été arrêté le 2 octobre 2012 par les services de renseignements militaires, alors qu’il était dans les locaux du journal gouvernemental Al-Fida’a à Hama. En cause : un dessin critiquant le président Bachar Al-Assad. Dès le début des révoltes en 2011, il publiait ses caricatures en faveur de la révolution sur des sites d’information arabophones de manière anonyme, tels que Al-Jarida ou Al-Jazeera, et sur les réseaux sociaux (entre autres sur son blog). Auteur de plus de 300 dessins, il s’était fait connaître pour son engagement en faveur du peuple syrien. Dans ses oeuvres, il y dénonçait les pratiques répressives du régime et les violations commises contre les syriens. Il avait reçu le prix du Courage de la caricature politique du Cartoonists Rights Network International (CRNI) en 2013.

La Syrie est le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Depuis le début du conflit en mars 2011, au moins 47 journalistes et 139 net-citoyens ont été tués. Au moins 30 journalistes et net-citoyens restent actuellement détenus par le régime syrien et plus de 29 autres reporters, dont neuf étrangers, sont toujours portés disparus ou sont otages, aux mains de l’Etat islamique ou d’autres groupes extrémistes armés.
La Syrie figure aujourd’hui à la 177e place (sur 180) du Classement 2015 établi par Reporters sans frontières.