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7 mai 2013 - Mis à jour le 20 janvier 2016

Abandon des poursuites contre le journaliste Boukary Daou


Reporters sans frontières se déclare soulagée de l’annonce, le 30 avril 2013, de l’abandon des charges retenues contre le directeur de publication du journal privé Le Républicain, Boukary Daou. Le journaliste avait été arrêté le 6 mars 2013 suite à la publication dans son journal de la lettre ouverte d’un soldat malien, avant d’être libéré le 2 avril dernier. L’organisation déplore toutefois l’incarcération arbitraire pendant 28 jours de ce journaliste. -------------------- 03.04.2013 - Le journaliste Boukary Daou remis en liberté provisoire Reporters sans frontières salue la libération du directeur de publication du journal Le Républicain, Boukary Daou, après 28 jours d’emprisonnement. Cette décision, prise le 2 avril 2013, met fin à sa détention à la prison centrale de Bamako, où le journaliste était retenu dans une cellule avec 50 autres prisonniers. "C’est la fin d’une épreuve pour notre confrère. Nous sommes soulagés de le savoir sorti de prison et en mesure d’assister libre à son procès, prévu le 16 avril prochain. Il ne s’agit cependant que d’une libération provisoire. Reporters sans frontières demande à la justice malienne d’abandonner les charges retenues contre Boukary Daou", a déclaré l’organisation. Arrêté le 6 mars 2013, à Bamako, Boukary Daou a été détenu illégalement pendant huit jours dans les locaux de la Sécurité d’Etat avant d’être transféré à la prison centrale. Il est accusé d’"incitation à la désobéissance" et de "publication de fausses nouvelles" pour avoir fait paraître dans son journal la lettre ouverte d’un soldat malien. ------------------------------------------------------------------------------- 19.03.2013 - Un journaliste inculpé pour avoir publié la lettre d'un soldat Le directeur de publication du journal Le Républicain, détenu depuis le 6 mars 2013, a été inculpé, le 18 mars 2013, pour "incitation à la désobéissance" et "publication de fausses nouvelles". Boukary Daou a été immédiatement déféré à la prison centrale de Bamako. "Le Mali voit-il des ennemis en ses journalistes ? Considère-t-il qu'informer la population des propos tenus par les troupes qui la défendent est un acte hautement blâmable méritant un acharnement militaire et judiciaire ? Comment peut-il ainsi mépriser le droit et les libertés démocratiques, alors même qu'il se bat pour les réinstaurer dans le nord du pays ?", s'offusque Reporters sans frontières. "Nous appelons les autorités compétentes à manifester leur attachement à la liberté de l'information en ordonnant la libération immédiate de Boukary Daou et l'abandon des poursuites engagées contre lui. La presse malienne doit recevoir l'assurance d'être protégée par les institutions publiques, et non pas voir en elles de nouvelles sources de menaces". Boukary Daou a été arrêté au siège de son journal le 6 mars 2013, quelques heures après la publication de la lettre ouverte d'un militaire malien demandant à Dioncounda Traré, président du Mali par intérim, de revenir sur les "avantages accordés" au capitaine Sanogo, responsable du coup d'Etat du 22 mars 2012. Pendant plus d'une semaine, le journaliste a été retenu illégalement par la Sécurité d'Etat dans des conditions dégradantes, avant d'être transféré à la Brigade d'investigation judiciaire. Le 18 mars 2013, le procureur a décidé de l'inculper et de le maintenir en détention. Boukary Daou comparaitra devant un juge le 16 avril 2013 pour "incitation à la désobéissance" et "publication de fausses nouvelles". L'incarcération illégale de Boukary Daou a provoqué une vague d'indignation parmi ses confrères. Du 12 au 15 mars, une opération "presse morte" a été engagée par les professionnels des médias, qui doivent se réunir à nouveau le 19 mars pour décider de la suite à donner au mouvement. Plus d'information. Le Mali occupe la 99e place, sur 179 Etats, au classement 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.