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30 janvier 2018

1 000 jours derrière les barreaux pour avoir défendu la liberté d'informer en Iran

Cela fait 1 000 jours que la journaliste Narges Mohammadi, également porte-parole du Centre des défenseurs des droits humains en Iran croupit en prison. Reporters sans frontière (RSF) demande sa libération immédiate et appelle la communauté internationale à réagir.

Emprisonnée depuis le 5 mai 2015, Narges Mohammadi, 46 ans, a été condamnée à cinq ans de prison pour “réunion et complot contre la République islamique”, un an d’emprisonnement pour “propagande contre le régime” et dix ans de prison pour collaboration avec l’association Legam, qui milite pour l’abolition progressive de la peine de mort en Iran, une cause interdite dans le pays. Conformément à la loi adoptée en 2015, un accusé, condamné pour plusieurs délits ou crimes, ne purge que sa peine principale. La journaliste doit donc passer 10 ans derrière les barreaux, malgré son état de santé très dégradé en raison de privation de soins.


C’est 1 000 jours de trop. Rien ne justifie la détention de Nargues Mohammadi, elle n’aurait jamais dû passer un seul jour en prison, déclare Reza Moini, responsable du bureau l'Iran de l’organisation. Nous sommes très inquiets pour sa santé, c’est pour cela que RSF appelle la communauté internationale à faire pression de toute urgence sur les autorités iraniennes pour libérer Narges Mohammadi, devenue un symbole de la répression des voix critiques dans le pays.”


A plusieurs reprises, la journaliste a été la cible d’intimidations et d’arrestations arbitraires. Interpellée une première fois en 2010, elle avait été libérée provisoirement quelques mois plus tard, son état de santé ayant été jugé préoccupant à la suite d’interrogatoires musclés.


Le 2 mai 2016, lors d’une soirée organisée par Reporters sans frontières au Théâtre du Rond Point à Paris, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait remis la médaille de la Ville de Paris à quatre journalistes, dont Narges Mohammadi. Emprisonnée à Téhéran, elle avait alors fait parvenir un message poignant.


L’Iran est classé 165e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières.