Ghana : une émission télévisée interrompue par des partisans du parti au pouvoir

Ghana presse United tv irruption locaux Accra

Une vingtaine de partisans du New Patriotic Party (NPP), au pouvoir au Ghana, a fait irruption dans les locaux de la chaîne privée United TV à Accra, en pleine émission. Reporters sans frontières (RSF) condamne cette atteinte à la liberté d’informer et demande aux autorités de mener l’enquête ouverte jusqu’à son terme.

Dans la soirée du 6 octobre, la pause publicitaire de l’émission “United Show Biz”, diffusée sur la chaîne de télévision privée d’information et de divertissement United TV, s’éternise. Et pour cause : lorsque l’émission reprend enfin, l’animatrice, Gloria Akpene Nyarku-Acquah (connue sous le nom de MzGee), explique que les locaux ont été “pris d’assaut”. Une vingtaine d’individus, se revendiquant du New Patriotic Party (NPP), le parti au pouvoir, viennent de s’y introduire. Craignant pour leur sécurité, plusieurs invités de l’émission quittent précipitamment les lieux. D’autres sont menacés verbalement par les assaillants. 

Ces derniers demandent à voir Kwame Asare-Obeng, l’un des invités réguliers de l’émission, qui n’est pas sur les lieux ce jour-là. Quelques jours auparavant, cet activiste politique avait déchiré en direct une lettre écrite par la direction du NPP adressée au Despite Media Group, opérateur d’United TV. Le parti politique y exprimait son mécontentement quant aux “attaques régulières contre ses dirigeants” faites à l’antenne, et demandait l’inclusion d’un de ses membres dans l’émission pour garantir, selon lui, son équilibre. Cette lettre avait provoqué la colère de Kwame Asare-Obeng qui avait dénoncé une tentative d’ingérence dans l’indépendance des médias.

Cette violente irruption survenue dans les locaux d’une chaîne de télévision est une atteinte à la liberté d’informer et à l’indépendance éditoriale. Les médias doivent pouvoir exercer librement sans crainte d’être intimidé ou menacé. RSF condamne ces agissements et appelle les autorités à aller au bout de leur enquête.

Sadibou Marong
Directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF.

Le NPP, par la voix de son directeur national de la communication Richard Ahiagbah, a déploré cet incident et a nié son implication. Le ministère de l’Information a, quant à lui, condamné l’agression de la chaîne et réaffirmé son engagement en faveur de la liberté de la presse. Dans un communiqué publié sur Facebook, la police ghanéenne a déclaré avoir arrêté 16 personnes affiliées au NPP.

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