Afrique
Soudan du Sud
-
Classement 2022
128/180
Score : 47.06
Indicateur politique
148
40.48
Indicateur économique
118
36.73
Indicateur législatif
134
52.11
Indicateur social
143
50.60
Indicateur sécuritaire
114
55.37
Classement 2021
139/180
Score : 54.22
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

La liberté de la presse est très précaire au Soudan du Sud, où les menaces et intimidations à l’encontre des journalistes et médias sont permanentes et où la censure règne. 

Paysage médiatique

Le média privilégié au Soudan du Sud est la radio, avec plus de 40 stations en activité dans les 10 États du pays. Les principales - Miara, Eye Radio, Catholic Radio Network- sont confrontées aux tentatives d’intimidations et à la censure des autorités. Le pays compte deux chaînes de télévisions qui sont publiques, la South Sudan Broadcasting Corporation (SSBC) au niveau national, et la télévision régionale EBC. Il existe six journaux, dont quatre sont anglophones et deux arabophones. Seuls les deux quotidiens en anglais (N°1 Citizen et City Review) sont indépendants de l’influence de l’État. 

Contexte politique

La plupart des responsables politiques imposent leur agenda aux médias, et la pression qu’ils exercent est grande. La télévision et la radio nationales manquent cruellement d’indépendance, et s’exposent à des menaces et sanctions si les programmes ne respectent pas la ligne voulue par le gouvernement. Depuis la mise en place, en 2017, de l'Autorité des médias (MA), l’organe de régulation, les fermetures des médias sont moins nombreuses. Il est fréquent que les agents de la sécurité nationale (NSS) interviennent directement dans les rédactions ou les imprimeries pour censurer certains contenus. Plusieurs articles du journal Al-Mouqif ont ainsi été supprimés en 2019. 

Cadre légal

En 2013 et 2014, le président a promulgué la loi sur l'autorité des médias, la loi sur la société de radiodiffusion et la loi sur le droit d'accès à l'information, qui constituent le cadre juridique de la promotion de la liberté de la presse et de l'accès à l'information. Ces textes n'empêchent pas les atteintes répétées et continues à la liberté de la presse de la part des autorités gouvernementales et du NSS.

Contexte économique

La propriété des médias est très concentrée et crée des positions dominantes dans le pays. Les médias publics ou soutenus par les responsables politiques ont tendance à recevoir plus de publicité que les médias privés. Les taxes, ainsi que le coût d’enregistrement d’un organe de presse auprès des autorités sont très élevés. Il en résulte un manque de moyens qui laisse le champ libre à la corruption au sein des rédactions. Ces dernières années, plusieurs médias ont fermé en raison de contraintes économiques.  

Contexte socioculturel

La guerre civile qui a éclaté en décembre 2013, opposant les partisans du président et ceux du vice-président, a ravivé des conflits ethniques qui influent sur la pratique du journalisme. Les reporters appartenant à une ethnie particulière ne peuvent pas couvrir d’événements dans certaines parties du pays proches d’une autre ethnie. Il arrive que des femmes journalistes ne soient pas autorisées à réaliser des interviews ou à couvrir des événements. 

Sécurité

Au moins 10 journalistes ont été tués depuis 2014, dont le reporter de guerre américano-britannique indépendant Christopher Allen, tué par balles et qualifié de « rebelle blanc » par les autorités. L'impunité prévaut dans la quasi-totalité des cas. Les professionnels des médias, locaux ou étrangers, qui tentent de délivrer une information libre s’exposent à des représailles : exécution, torture, kidnapping, détention arbitraire, empoisonnement, harcèlement… Face à la menace, certains préfèrent fermer leur journal ou quitter le pays.