Afrique
Guinée-Bissau
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Classement 2022
92/180
Score : 58.79
Indicateur politique
108
51.15
Indicateur économique
52
50.82
Indicateur législatif
77
68.42
Indicateur social
113
62.40
Indicateur sécuritaire
104
61.18
Classement 2021
95/180
Score : 67.32
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

En Guinée-Bissau, ces dernières années, la forte dégradation du contexte sécuritaire pour la presse ainsi que les pressions politiques et économiques ont mis l’exercice du journalisme à rude épreuve.  

Paysage médiatique

La relative diversité du secteur médiatique bissau-guinéen est caractérisée par une forte polarisation. Les médias gouvernementaux, qui subissent une très grande influence des pouvoirs publics, sont : la télévision nationale, qui peine à couvrir tout le territoire, la radio nationale, le journal No Pintcha et l’agence de presse de la Guinée-Bissau. Le pays abrite également un soixantaine de radios privées et communautaires, des journaux privés et un faible nombre de médias en ligne. 

Contexte politique

Les journalistes doivent faire face à une instabilité politique chronique, comme l’a encore montré le coup d'État avorté de février 2022. Les pressions sont fréquentes. Ces dernières années, le président Umaro Sissoco Embaló a menacé de fermer plusieurs stations de radio n’ayant pas d’autorisation définitive de fonctionnement et traité les journalistes de “bouches à louer”.  Un journaliste a ainsi été suspendu par le directeur de la télévision publique pour n’avoir pas interviewé le président qui prenait part à un tournoi de football.

Cadre légal

Si la Constitution garantit la liberté de la presse et stipule qu’elle doit être indépendante des intérêts économiques et politiques, ce n’est pas le cas dans la pratique. Il existe cependant une loi sur la presse et le statut de journaliste est reconnu dans le pays. La Guinée-Bissau n’a pas de loi pour garantir l’accès à l’information aux citoyens.

Contexte économique

La publicité dans les médias et les ventes de journaux sont très faibles. Certains journalistes n’assurent la couverture d’évènements que quand ils sont pris en charge par l’organisateur. Dans certaines radios, beaucoup d’émissions ne sont diffusées qu’après le paiement d’une somme forfaitaire. Les médias gouvernementaux, supposés avoir plus de moyens, ne sont pas épargnés par les difficultés économiques. Avec un salaire mensuel moyen de 50 euros, beaucoup de journalistes se voient obligés de s’affilier à un parti politique pour survivre.  

Contexte socioculturel

Les médias sont très souvent obligés d’exercer une forme d’autocensure, notamment sur des sujets jugés sensibles comme le trafic de drogue. Les détournements de fonds et la corruption, qui n’épargne pas les journalistes, font partie des sujets peu ou pas traités. 

Sécurité

Journalistes et médias sont régulièrement exposés à des agressions physiques, comme le montrent les attaques armées qui ont visé, début février 2022, les locaux de Capital FM et la maison d’un de ses journalistes. En février 2021, un journaliste a été agressé et brièvement détenu par la police qui a détruit son téléphone et son enregistreur alors qu’il couvrait une manifestation d’étudiants. En mars 2021, António Aly Silva, journaliste indépendant qui critique régulièrement et ouvertement le président, a été enlevé, battu et abandonné sur l’une des artères de la capitale Bissau par des inconnus.