Afrique
Gambie
-
Classement 2022
50/180
Score : 69.25
Indicateur politique
43
71.11
Indicateur économique
51
51.36
Indicateur législatif
81
67.69
Indicateur social
44
81.33
Indicateur sécuritaire
64
74.74
Classement 2021
85/180
Score : 69.24
N/A
Ces indicateurs ne sont pas disponibles avant 2022 en raison d'un changement méthodologique.

Après 22 ans de règne et d’abus sous Yahya Jammeh, la Gambie a enregistré des progrès considérables en matière de liberté de la presse. Depuis 2018, le crime de diffamation a été déclaré anticonstitutionnel, les attaques visant les journalistes ont baissé et de nouveaux médias ont vu le jour.

Paysage médiatique

Depuis l’arrivée du nouveau président Adama Barrow en décembre 2016, la radiotélévision publique a perdu son monopole, et plusieurs télévisions et radios, privées et communautaires, ont vu le jour. La Gambie compte 33 radios, dont une appartient à l'État, six chaînes de télévision, dont cinq sont privées, quatre quotidiens, dont le plus important est The Point, ainsi que trois journaux publiés trois fois par semaine.  

Contexte politique

Les médias sont considérés par la majorité des Gambiens comme étant libres et travaillant sans ingérence gouvernementale. Ils sont épargnés par la censure et reflètent fidèlement le pluralisme des opinions au sein de la société. Il arrive toutefois que l’État exerce des pressions sur certains organes de presse. Début 2020, deux radios privées, King FM et Home Digital FM, ont été suspendues durant un mois et leurs directeurs arrêtés durant quatre jours pour “incitation à la haine” après avoir couvert des manifestations politiques organisées par les partis d’opposition. 

Cadre légal

En 2021, la loi sur l'accès à l'information a été adoptée, un moment historique dans le pays qui reconnaissait pour la première fois le droit d'accès à l'information comme un droit humain. En 2018, la Cour suprême a jugé que la pénalisation de la diffamation était anticonstitutionnelle. Une avancée notable, qui reste à tempérer, car les lois draconiennes sur les médias adoptées sous Jammeh sont toujours en vigueur et prévoient encore des peines privatives de liberté pour les journalistes. 

Contexte économique

En Gambie, les médias sont confrontés à des difficultés financières importantes en raison de l’absence de subventions, de taxes élevées et d’un matériel d'impression cher. La crise financière engendrée par la pandémie de Covid-19 a entraîné une baisse des revenus publicitaires. Face à cette situation, en juillet 2020 et pour la première fois depuis l’indépendance en 1965, le gouvernement a alloué une subvention d’environ 270 000 euros à la presse, aidant ainsi la plupart des stations de radio et 5 journaux.

Sécurité

Alors que les arrestations et détentions arbitraires, voire les disparitions forcées étaient monnaie courante sous Yahya Jammeh, le nombre de menaces et d’attaques à l’encontre des journalistes a fortement diminué. Le comportement, souvent brutal, des forces de sécurité à leur encontre n’a pas disparu, mais aucun reporter n’a été emprisonné depuis 2017. L’attitude des autorités envers les journalistes a d'ailleurs changé : après l’agression d’un journaliste par des gardiens de prison en avril 2021, leur responsable a été obligé de présenter des excuses. En décembre 2021, le rapport de la Commission vérité, justice et réconciliation a recommandé qu’une enquête soit ouverte dans le but de poursuivre des membres ayant participé, entre autres, au meurtre en 2004 du journaliste Deyda Hydara, à l'incendie criminel de Radio 1 FM et aux attaques contre le journal The Independent.