Le cyberdissident Guo Feixiong renonce à faire appel et interpelle les autorités sur le sort des prisonniers d'opinion

Le cyberdissident et défenseur des droits de l'homme Yang Maodong, plus connu sous le pseudonyme Guo Feixiong, a renoncé, le 23 novembre 2007, à faire appel de sa condamnation à cinq ans de prison et 40 000 yuans d'amende (4000 euros) le 14 novembre 2007. Selon Radio Free Asia (RFA), Guo Feixiong, détenu dans la prison numéro 3 de Canton (Sud), a rencontré son avocat, Mo Shaoping, et décidé de ne pas faire appel. Interrogée par RFA, son épouse, Zhang Qing, a expliqué que Guo Feixiong a rédigé une proposition en quatre points pour négocier sa libération : "En échange de sa libération, il s'engage à ne pas faire d'affaires, de ne pas écrire ses mémoires et de ne pas sortir du pays pendant cinq ans." Depuis sa prison, le cyberdissident appelle également le gouvernement à entamer au plus vite des réformes politiques, souhaitant "une amélioration des conditions de détention des prisonniers d'opinion". Il appelle le gouvernement à les libérer avant les Jeux olympiques de 2008. ___________________________________________________ 14.11.07 Le cyberdissident Guo Feixiong condamné à cinq ans de prison et 4000 euros d'amende Reporters sans frontières dénonce la décision du tribunal de Tianhe, dans la province du Guangdong (Sud-Est), qui a condamné, le 14 novembre 2007, le cyberdissident Yang Maodong, plus connu sous son nom de plume Guo Feixiong, à cinq ans de prison et 40 000 yuans d'amende (4000 euros) pour "activité commerciale illégale". "Nous sommes atterrés par ce verdict sévère et injustifié. Nous condamnons énergiquement la décision du tribunal, qui semble avoir suivi des ordres politiques des autorités locales ou nationales. Nous réitérons notre demande de libération de Guo Feixiong avant les Jeux olympiques de Pékin", a déclaré l'organisation. L'un des deux avocats a déclaré à l'agence Reuters "qu'ils allaient conseiller à Guo Feixiong de faire appel, car il a toujours clamé son innocence". Le tribunal du district de Tianhe a ouvert le procès du cyberdissident le 9 juillet 2007, après environ onze mois d'enquête et de détention préventive. Le procès a été ajournée plusieurs fois pour permettre à la police de compléter son enquête. Guo Feixiong a subi des mauvais traitements pendant les interrogatoires. En juin 2007, son épouse, Zhang Qing, avait écrit une lettre au rapporteur spécial des Nations Unies chargé des problèmes de torture. Selon Human Rights in China, le cyberdissident a été entravé à son lit pendant des semaines, puis empêché de dormir pendant plusieurs jours. Guo Feixiong a mené une grève de la faim de près de 40 jours pour protester contre ses conditions de détention. Officiellement, Guo Feixiong est accusé d'avoir vendu 20 000 exemplaires d'un livre publié sous une fausse référence de maison d'édition. Selon son épouse, l'absence de licence n'est qu'un prétexte pour masquer le fait que le contenu du livre gêne les autorités. Elle a estimé que la dérention de son époux était "de la persécution politique". De même, Guo Feixiong avait déclaré, lors de l'ouverture de son procès, le 9 juillet 2007 : "Au cours des dix premiers mois de ma détention, 90% des 175 interrogatoires ont porté sur des affaires de droits de l'homme. Il est manifeste qu'il s'agit d'une affaire de persécution politique." Guo Feixiong, cyberdissident, avocat et défenseur des droits de l'homme, est détenu dans la prison numéro 3 de Canton. Il a été arrêté le 14 septembre 2006 par les autorités de Canton, pour "activité commerciale illégale" après la parution de son ouvrage "Le tremblement de terre politique de Shenyang", dans lequel il dénonçait la corruption des fonctionnaires de cette ville de la province du Liaoning (Nord-est). Il a publié de nombreux articles sur Internet.
Publié le 26.11.2007
Mise à jour le 20.01.2016