Héros de l'information

Yu Terasawa

Yu Terasawa a peu d’amis parmi les forces de l’ordre japonaises. Encore étudiant, il a débuté sa carrière journalistique en dénonçant la corruption policière. Plus de vingt ans après, une centaine d’agents et d’officiers ont été licenciés, poursuivis ou ont fait l’objet de mesures disciplinaires grâce à ses innombrables articles et livres sur le sujet. En 2006, un film, Pochi no kokuhaku(« confessions d’un chien ») s’est même inspiré de ses reportages. Bien sûr, cela lui a valu quelques désagréments : « J’ai été frappé, suivi, dépouillé, arrêté sans mandat », dit-il. Parallèlement, il s’est attaqué à coups d’articles et de procès à une institution toute japonaise, les kisha kurabu, clubs de journalistes ayant un accès privilégié – et trop souvent complice - aux conférences de presse et sources officielles. Le 28 mars 2014, il a entamé une action en justice contre le gouvernement après l’instauration d’une loi sur les secrets d’Etat, véritable offensive contre le journalisme d’investigation.