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Reyot Alemu

C’est en prison, où elle purge depuis juin 2011 une peine de 14 ans, ultérieurement réduite à 5 ans, pour « participation à la promotion et à la communication d’un acte terroriste », que Reyot Alemu a appris qu’elle avait reçu le Prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco 2013. Editorialiste à l’hebdomadaire national Fitih, spécialiste de politique et d’économie, elle fait partie des nombreux journalistes et personnalités d’opposition assimilés par le pouvoir éthiopien au terrorisme et condamnés comme tels. Un collègue se souvient l’avoir vu sortir fièrement du palais de justice d’Addis Abeba, les bras chargés de ses articles comme autant de preuves de son travail légitime. Reyot Alemu n’a été autorisée à sortir de l’horrible prison Kality qu’une seule fois, en 2012, pour se faire opérer d’une tumeur maligne. Elle y est aussitôt retournée, sans possibilité de convalescence à l’air libre.