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Gorka Landáburu

Le 15 mai 2001, Gorka Landáburu reçoit un paquet prétendûment envoyé par une association d’entrepreneurs, chez lui à Zarauz, petite commune du Pays basque espagnol. Lorsqu’il l’ouvre, le paquet explose. A l’intérieur, 150 grammes de titadine, une dynamite compressée employée dans l’industrie minière et utilisée par l’ETA pour perpétrer ses attentats. Le journaliste portera à jamais les stigmates de l’explosion. Dans le communiqué revendiquant l’attentat, l’ETA qualifie le journaliste de « txakurra de la pluma » (littéralement « chien de la plume», c’est-à-dire pro gouvernement espagnol). Dix ans plus tard, face à ses agresseurs assis sur le banc des accusés de l’Audience nationale, Gorka Landáburu déclarera : « Je suis journaliste. Vous m'avez détruit les mains, mon œil gauche ne voit plus rien, des cicatrices me recouvrent le corps... Mais vous vous êtes trompés, vous ne m'avez pas coupé la langue». Longtemps placé sous la protection de gardes du corps, Gorka Landáburu poursuit aujourd’hui ses activités de journaliste à la tête de Cambio 16.