Guerre en Ukraine : RSF dénonce la reprise de la propagande russe par les médias d'État chinois

Reporters sans frontières (RSF) dénonce la reprise de la propagande russe par les médias d'État chinois et appelle le public à ne se fier qu’aux informations factuelles publiées par des médias indépendants reconnus.

Depuis le début de l’invasion Russe en Ukraine, le 24 février 2022, la Chine s'est donnée beaucoup de mal pour paraître neutre mais ses médias d'État ont largement relayé les discours de propagande du Kremlin en reprenant des formulations trompeuses telles que « opération militaire spéciale » et « crise ukrainienne » pour décrire l'invasion et en insinuant que les États-Unis et l'OTAN étaient les vrais responsables de la guerre.


« La désinformation russe à propos de l'Ukraine a déjà atteint des sommets intolérables et la dernière chose dont le monde a besoin est l'amplification de ces mensonges par la machine de propagande chinoise », insiste le directeur du bureau Asie de l'Est de Reporters sans frontières (RSF), Cédric Alviani, qui appelle le public à « ne pas faire confiance aux informations provenant de médias contrôlés par des régimes autoritaires » et « à ne se fier qu’aux informations factuelles publiées par des médias indépendants reconnus »


« Armes biologiques américaines » 


Depuis le 7 mars, CCTV et les journaux officiels The People’s Daily et Global Times ont repris à leur compte les allégations du gouvernement russe concernant le financement et le développement d’armes biologiques par les États-Unis en Ukraine.


Fin février, un faux rapport affirmant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait fui la capitale Kiev avait été diffusé par la chaîne publique chinoise CCTV, générant 510 millions de vues sur la plateforme chinoise Weibo et 163 reprises dans d’autres médias chinois.


« Massacre mis en scène » et « néo-nazis » 


À au moins deux reprises entre le 4 avril et le 6 avril, CCTV et Global Times ont aussi relayé des allégations selon lesquelles les Ukrainiens auraient mis en scène un faux massacre dans la ville de Boutcha, en dépit du fait que des images satellite prouvent la réalité de ce massacre d’au moins 400 civils par les troupes russes.


Début mars, le groupe audiovisuel international chinois CGTN avait aussi repris sur les réseaux sociaux l’accusation non fondée du président russe Vladimir Poutine selon laquelle « des néo-nazis ukrainiens » auraient « ouvert le feu sur des étudiants chinois. »


Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, qui a déjà fait près de 2 000 victimes civiles, sept journalistes ont été tués et onze autres ont été blessés par balles. Le 11 mars, RSF a ouvert un Centre de la liberté de la presse dans la ville de Lviv afin de fournir un soutien et une assistance opérationnelle aux journalistes couvrant l'invasion.


La Chine, qui figure au 177e rang sur 180 au Classement RSF de la liberté de la presse, est la plus grande prison au monde pour journalistes avec au moins 124 détenus.

Publié le 14.04.2022
Mise à jour le 14.04.2022