Gaza : 4 mois de guerre, le journalisme palestinien décimé en toute impunité

Journalistes palestiniens tués, blessés, empêchés de travailler sans possibilité de se réfugier en lieu sûr : le bilan des quatre mois de guerre sur Gaza est terrifiant. Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement une éradication du journalisme palestinien et du droit à l’information à Gaza par l’armée israélienne, et appelle les États et les organisations internationales à faire pression sur Israël pour que cesse ce carnage.

En 124 jours de conflit, au moins 84 journalistes ont été tués à Gaza, dont au moins 20 dans l’exercice de leurs fonctions ou en raison de celles-ci, selon les informations de RSF à ce jour. Le journalisme est décimé au fil des jours d’une guerre interminable par des frappes israéliennes incessantes du nord au sud de la bande de Gaza. Les journalistes qui ont survécu à ces quatre mois vivent un enfer quotidien : dans des conditions inhumaines, ils subissent des manques de tous ordres, notamment de matériel, ainsi que des black-out médiatique réguliers.

“En quatre mois de conflit, le journalisme palestinien a été décimé, jour après jour, par les forces armées israéliennes en toute impunité : plus de 84 journalistes ont été tués, au moins 20 dans l’exercice de leurs fonctions. Le bilan est glaçant. Après deux plaintes à la Cour pénale internationale et des appels répétés aux États et aux organisations internationales, RSF lance une nouvelle fois un appel fort au Conseil de sécurité de l’ONU, afin qu’il fasse appliquer, en urgence, sa résolution 2222 (2015) sur la protection des journalistes.

Le bureau Moyen-Orient
Reporters sans frontières

Les journalistes piégés à Rafah

À ce jour, les journalistes à Gaza n’ont plus aucune échappatoire ni refuge. Forcés, depuis le 7 octobre, à fuir vers le sud de l’enclave, la grande majorité d’entre eux ont dû se réfugier à Rafah, où le point de passage avec l’Égypte leur est toujours fermé et où une invasion de la ville risquerait de provoquer un nouveau bain de sang. Rafah était pourtant qualifiée par Israël de “zone de sécurité” au début du conflit. Malgré les appels de RSF à l’ouverture de la porte de Rafah, les autorités israéliennes continuent d'empêcher les journalistes de Gaza de sortir et de bloquer l’accès de l’enclave aux journalistes extérieurs. 

Un bilan glaçant 

Depuis le 7 octobre, en plus d’un bilan terriblement meurtrier, une cinquantaine de médias locaux et internationaux ont été totalement ou partiellement détruits à Gaza par l’armée israélienne selon le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS). 

RSF a porté plainte à deux reprises auprès du bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) les 31 octobre et 22 décembre derniers pour la mort de journalistes et la destruction de médias. L’organisation a obtenu, au lendemain de la mort du vidéaste indépendant Moustafa Thuraya et du journaliste d’Al Jazeera Hamza Dahdouh le 7 janvier, que le procureur de la CPI inclut les crimes contre les journalistes dans son enquête sur la Palestine. Deux jours plus tard, RSF a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à se saisir en urgence des violations, par Israël, de la résolution 2222 sur la protection des journalistes.

Le combat des journalistes sur le terrain

Dans ce terrifiant contexte, les reporters palestiniens à Gaza font preuve d’un courage indicible pour continuer à informer sur cette guerre. La plupart ont perdu des proches. Forcés de se déplacer, ils vivent sous des tentes, sans électricité, avec très peu d’eau et de nourriture. Les journalistes blessés ont un accès très limité aux soins médicaux. En partenariat avec Arab Reporters for Investigative Journalism (ARIJ), RSF fait parvenir, depuis le début de la guerre, des bourses à des journalistes gazaouis pour soutenir leur travail d’information.

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