Deux journalistes risquant la peine de mort ont été acquittés

Reporters sans frontières apprend avec un profond soulagement l'acquittement, le 1er février 2011, de Abouicha Kazem et Abdelgader Bakash. Les deux journalistes de l’hebdomadaire Bar’ut encouraient la peine de mort. Selon l'Eastern Africa Journalists Association (EAJA), la justice de Khartoum a abandonné les charges qui pesaient contre les deux hommes. Ces derniers étaient accusés "d'atteinte à la Constitution soudanaise" pour avoir évoqué la possibilité d'une partition de l'est du pays, dans le contexte du référendum sur l'autodétermination du Sud Soudan. Reporters sans frontières regrette cependant que les deux journalistes, incarcérés depuis le 10 janvier dernier, aient eu à passer trois semaines en détention. Le traitement qui leur a été réservé était assurément une mesure d'intimidation. L'abandon des chefs d'inculpation prononcés contre eux prouve que rien ne pouvait leur être reproché, sinon d'avoir exprimé un point de vue. L'organisation appelle les autorités soudanaises à respecter davantage la libre expression des opinions. __________________________________________ 28-01-2011- Deux journalistes poursuivis pour "atteinte à la Constitution" risquent la peine de mort Abouicha Kazem et Abdelgader Bakash, de l'hebdomadaire Bar'ut, ont été inculpés d'"atteinte à la Constitution soudanaise" et risquent la peine de mort par pendaison suite à la publication d'un article évoquant la possibilité d'une sécession de l'est du pays. Reporters sans frontières s'alarme vivement de la peine inacceptable encourue par les deux journalistes et appelle la justice soudanaise à la raison. La justice du pays se doit de respecter la Constitution soudanaise qui garantit la liberté d'expression. Le 9 janvier, premier jour du référendum d'autodétermination du Sud Soudan, Abdelgader Bakach a signé un article appelant à l'autodétermination de l'est du pays, région touchée par une extrême pauvreté. Le lendemain, le journaliste et le rédacteur en chef du journal, Abouicha Kazem, ont été arrêtés à Port Soudan par les services de sécurité qui les ont envoyé onze jours plus tard dans une prison à Khartoum, où ils sont restés jusqu'à leur comparution devant un tribunal le 27 janvier 2011. L'Etat soudanais a émis huit charges contre eux, dont celle d'une tentative de renversement du régime constitutionnel. L'audience a été ajournée et reportée dans l'attente de l'arrivée de témoins toujours à Port Soudan. "La peine de mort représente en soi une atteinte aux droits de l'homme. Imaginer qu'elle puisse s'appliquer aux auteurs d'un article ajoute à sa monstruosité. Par ailleurs, les autorités devraient juger avec magnanimité tout article s'inspirant de l'exemple sud soudanais. Il est naturel que le référendum historique qui s'est tenu dans le sud du pays suscite un débat politique que les deux journalistes inculpés n'ont fait que relayer, exerçant leur droit d'informer librement", a déclaré l'organisation. Le 20 janvier 2011, les autorités soudanaises ont bloqué l'impression du journal Ajras al-Huriya, retardant sa parution de plusieurs heures. Le chef de l'opposition islamiste soudanaise, Hassan al-Tourabi, également propriétaire du journal Rai al-Chaab, été arrêté le 18 janvier dernier. Le quotidien est suspendu depuis le 16 mai 2010 et trois de ses journalistes ont été condamnés à des peines de prison. Plus d'informations Photo : AFP
Publié le 02.02.2011
Mise à jour le 20.01.2016