Archives

Classement mondial 2007


L’Erythrée en dernière position pour la première fois La Chine et la Birmanie stagnent dans les profondeurs du classement
Rang Pays Note
1 Islande 0,75
- Norvège 0,75
3 Estonie 1,00
- Slovaquie 1,00
5 Belgique 1,50
- Finlande 1,50
- Suède 1,50
8 Danemark 2,00
- Irlande 2,00
- Portugal 2,00
11 Suisse 3,00
12 Lettonie 3,50
- Pays-Bas 3,50
14 République tchèque 4,00
15 Nouvelle-Zélande 4,17
16 Autriche 4,25
17 Hongrie 4,50
18 Canada 4,88
19 Trinidad et Tobago 5,00
20 Allemagne 5,75
21 Costa Rica 6,50
- Slovénie 6,50
23 Lituanie 7,00
24 Royaume-Uni 8,25
25 Maurice 8,50
- Namibie 8,50
27 Jamaïque 8,63
28 Australie 8,79
29 Ghana 9,00
30 Grèce 9,25
31 France 9,75
32 Taïwan 10,00
33 Espagne 10,25
34 Bosnie-Herzégovine 11,17
35 Italie 11,25
36 Macédoine 11,50
37 Japon 11,75
- Uruguay 11,75
39 Chili 12,13
- Corée du Sud 12,13
41 Croatie 12,50
42 Roumanie 12,75
43 Afrique du Sud 13,00
44 Israël (territoire israélien) 13,25
45 Cap-Vert 14,00
- Chypre 14,00
47 Nicaragua 14,25
48 Etats-Unis (territoire américain) 14,50
49 Togo 15,17
50 Mauritanie 15,50
51 Bulgarie 16,25
52 Mali 16,50
53 Bénin 17,00
54 Panama 17,88
55 Tanzanie 18,00
56 Equateur 18,50
- Pologne 18,50
58 Chypre (partie Nord) 19,00
- Montenegro 19,00
60 Kosovo 19,75
61 Hong-Kong 20,00
- Madagascar 20,00
63 Koweït 20,17
64 El Salvador 20,20
65 Emirats arabes unis 20,25
66 Géorgie 20,83
67 Serbie 21,00
68 Bolivie 21,50
- Burkina Faso 21,50
- Zambie 21,50
71 République centrafricaine 22,50
72 République dominicaine 22,75
73 Mozambique 23,00
74 Mongolie 23,40
75 Botswana 23,50
- Haïti 23,50
77 Arménie 23,63
78 Kenya 23,75
79 Qatar 24,00
80 Congo 24,50
81 Moldavie 24,75
82 Argentine 24,83
83 Sénégal 25,00
84 Brésil 25,25
85 Cambodge 25,33
- Liberia 25,33
87 Albanie 25,50
- Honduras 25,50
- Niger 25,50
90 Paraguay 26,10
91 Angola 26,50
92 Malawi 26,75
- Ukraine 26,75
94 Côte d’Ivoire 27,00
- Timor-Leste 27,00
96 Comores 28,00
- Ouganda 28,00
98 Liban 28,75
99 Lesotho 29,50
100 Indonésie 30,50
101 Turquie 31,25
102 Gabon 31,50
103 Israël (hors territoire israélien) 32,00
104 Guatemala 33,00
- Seychelles 33,00
106 Maroc 33,25
107 Fidji 33,50
- Guinée 33,50
- Guinée-Bissau 33,50
110 Kirghizstan 33,60
111 Cameroun 36,00
- Etats-Unis (hors territoire américain) 36,00
113 Tchad 36,50
114 Venezuela 36,88
115 Tadjikistan 37,00
116 Bhoutan 37,17
117 Pérou 37,38
118 Bahreïn 38,00
119 Tonga 38,25
120 Inde 39,33
121 Sierra Leone 39,50
122 Jordanie 40,21
123 Algérie 40,50
124 Malaisie 41,00
125 Kazakhstan 41,63
126 Colombie 42,33
127 Burundi 43,40
128 Philippines 44,75
129 Maldives 45,17
130 Gambie 48,25
131 Nigeria 49,83
132 Djibouti 50,25
133 République démocratique du Congo 50,50
134 Bangladesh 53,17
135 Thaïlande 53,50
136 Mexique 53,63
137 Népal 53,75
138 Swaziland 54,50
139 Azerbaïdjan 55,40
140 Soudan 55,75
141 Singapour 56,00
142 Afghanistan 56,50
143 Yémen 56,67
144 Russie 56,90
145 Tunisie 57,00
146 Egypte 58,00
147 Rwanda 58,88
148 Arabie saoudite 59,75
149 Zimbabwe 62,00
150 Ethiopie 63,00
151 Bélarus 63,63
152 Pakistan 64,83
153 Guinée équatoriale 65,25
154 Syrie 66,00
155 Libye 66,50
156 Sri Lanka 67,50
157 Irak 67,83
158 Territoires palestiniens 69,83
159 Somalie 71,50
160 Ouzbékistan 74,88
161 Laos 75,00
162 Viêt-nam 79,25
163 Chine 89,00
164 Birmanie 93,75
165 Cuba 96,17
166 Iran 96,50
167 Turkménistan 103,75
168 Corée du Nord 108,75
169 Erythrée 114,75

Cette année, l’Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd’hui pour la sixième reprise et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.


"Cela n’a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l’Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. La presse privée a été bannie du pays de l’autoritaire Issaias Afeworki et les rares journalistes qui ont osé critiquer le régime ont été jetés au bagne. Nous savons que quatre d’entre eux sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d’autres vont suivre", a déclaré Reporters sans frontières.


En dehors de l’Europe - d’où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n’est épargnée par la censure ou la violence à l’égard des professionnels des médias.


Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l’ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).


"Nous sommes particulièrement inquiets pour la situation en Birmanie (164e position). La féroce répression des manifestations par la junte militaire au pouvoir n’augure rien de bon pour l’avenir des libertés fondamentales dans le pays. Les journalistes continuent de travailler sous le joug d’une censure implacable à laquelle rien n’échappe, pas même les petites annonces, a indiqué Reporters sans frontières. Nous déplorons également que la Chine (163e) stagne dans les profondeurs de ce classement. A moins d’un an des JO de Pékin 2008, les réformes et les libérations de journalistes tant de fois promises par les autorités ne semblent plus qu’une vaine illusion".


Guerre et paix


La guerre est largement responsable de la mauvaise position de certains pays asiatiques. La recrudescence des combats en Afghanistan (142e) et au Sri Lanka (156e) a rendu épouventables les conditions de travail des journalistes. Dans la région de Jaffna (nord du Sri Lanka), au moins cinq professionnels de l’information ont été tués. Les belligérants ne reconnaissent aucun droit aux professionels des médias qu’ils accusent de soutenir tel ou tel camp.


En Afghanistan, les menaces sont d’abord venues des taliban et de leurs alliés. Le fixeur et le chauffeur d’un reporter italien ont été décapités par un lieutenant du mollah Omar, tandis que plusieurs radios ont été attaqués par des groupes armés. Le gouvernement, affaibli par le conflit et la corruption, a montré des signes de fébrilité. Plusieurs journalistes ont été arrêtés par les services secrets sur la base d’accusations montées de toute pièce.


En revanche, comme annoncé l’an passé, le Népal (137e) a effectué une vraie remontée dans le classement, gagnant plus de vingt places. La fin du conflit et le retour d’un gouvernement démocratique ont immédiatement entraîné un regain des libertés fondamentales et ouvert de nouveaux espaces pour les médias. Mais les violences ethniques dans le Sud exposent les journalistes à de nouveaux dangers.


Les membres du G8 connaissent une légère amélioration, sauf la Russie

Alors qu’ils ne cessaient de dégringoler au classement depuis trois années, les pays membres du G8 ont regagné quelques positions. La France (31e), par exemple, remonte de six places par rapport à l’an dernier. Les journalistes ont été épargnés des violences qui les avaient touchées fin 2005 lors d’un conflit syndical, en Corse, et pendant les manifestations dans les banlieues. Cependant, de nombreuses inquiétudes demeurent en raison de cas de censure persistants, de perquisitions dans des rédactions et d’un manque de garanties concernant la protection du secret des sources.


Aux Etats-Unis (48e), les violations de la liberté de la presse ont été légèrement moins nombreuses et le blogueur Josh Wolf a été libéré après 224 jours de détention. En revanche, la détention sans charge, depuis le 13 juin 2002, du cameraman soudanais d’Al-Jazira, Sami Al-Haj, sur la base militaire de Guantanamo, et l’assassinat de Chauncey Bailey à Oakland, en août 2007, empêchent toujours le pays d’accéder au peloton de tête.


L’Italie (35e) a également stoppé sa descente, même si les journalistes restent sous la menace de groupes mafieux qui les empêchent de faire leur travail en toute sécurité. Au Japon (37e), un certain répit dans les attaques de militants nationalistes à l’égard de la presse a permis au pays de regagner quatorze places.


"Ces évolutions sont une bonne nouvelle. Peut être que les appels répétés pour que ces démocraties se comportent de manière exemplaire commencent enfin à porter leurs fruits. Il faut cependant rester prudent et vigilant. Rien n’est jamais acquis et nous espérons que cette tendance va se maintenir et même s’accentuer l’année prochaine. Nous regrettons tout de même que seuls deux pays membres du G8, le Canada (18e) et l’Allemagne (20e), parviennent à se hisser dans les vingt premiers", a indiqué Reporters sans frontières.


La Russie (144e) ne progresse pas. L’assassinat d’Anna Politkovskaïa, en octobre 2006, l’impunité des assassins de journalistes et le manque toujours criant de pluralisme dans les médias, notamment audiovisuels, pèsent lourdement dans le bilan de la situation de la liberté d’expression dans le pays.


Les blogueurs n’échappent plus à la répression

Internet occupe de plus en plus de place dans le décompte des atteintes à la liberté d’expression. Cette année, plusieurs pays ont reculé dans le classement en raison de violations graves et répétées à la libre circulation d’informations sur le Web.


En Malaisie (124e), par exemple, mais aussi en Thaïlande (135e), au Viêt-nam (162e) et en Egypte (146e), des blogueurs ont été appréhendés et des sites d’information ont été fermés ou rendus inaccesibles. "Nous sommes inquiets de la multiplication des cas de censure sur la Toile. De plus en plus de gouvernements ont pris la réelle mesure du rôle essentiel que peut jouer Internet dans le combat pour la démocratie et mettent en place de nouveaux moyens de censurer le Réseau. Les autorités des pays répressifs s’en prennent désormais avec la même force aux blogueurs et aux journalistes en ligne qu’aux employés des médias traditionnels", a expliqué Reporters sans frontières.


Au moins 64 personnes sont emprisonnées dans le monde pour s’être exprimé sur la Toile. La Chine conserve son leadership dans cette course de la répression avec 50 cyberdissidents détenus. Huit autres sont en prison au Viêt-nam. En Egypte, le jeune internaute Kareem Amer a été condamné à quatre ans de réclusion pour avoir critiqué le chef de l’Etat sur son blog et dénoncé la mainmise des islamistes sur les universités du pays.


Pour établir ce classement, Reporters sans frontières a demandé à ses organisations partenaires (15 associations de défense de la liberté d’expression dispersées sur les cinq continents), à son réseau de 130 correspondants, à des journalistes, des chercheurs, des juristes ou des militants des droits de l’homme de répondre à 50 questions permettant d’évaluer la situation de la liberté de la presse dans un pays. 169 nations y apparaissent, les autres sont absentes, par manque d’informations.


L’Afrique

Des tensions politiques sur le continent africain

La longue crise qu’a traversée l’Ethiopie (150e), à partir des rafles
de novembre 2005, a commencé à se résorber au printemps 2007, avec
l’acquittement de certains des journalistes emprisonnés. Une étape
supplémentaire a été franchie en juillet, avec la libération de la
direction du parti d’opposition que le gouvernement accusait d’avoir
voulu le renverser, et des derniers de leurs co-accusés journalistes.
L’Ethiopie a donc quitté les bas-fonds du classement, même si
l’incarcération régulière de professionnels des médias, le climat
d’autocensure et la situation opaque des prisonniers politiques - dont
deux journalistes érythréens capturés en Somalie - pèsent encore lourd.


Une année est encore passée en République démocratique du Congo
(133e), où des journalistes ont été tués. L’affaire Serge Maheshe, du
nom de ce journaliste de Radio Okapi assassiné en juin 2007, est
révélatrice du climat d’impunité et d’injustice, entretenu par un
gouvernement qui méprise ouvertement la presse, expliquant pourquoi le pays reste bloqué dans la zone rouge.


Quant au Niger (87e), où Moussa Kaka, le correspondant de RFI et de Reporters sans frontières, risque la prison à vie, sa position dans le classement mondial de cette année ne reflète pas l’immense pas en arrière franchi à partir de son arrestation, le 20 septembre. Considéré auparavant comme un pays dans lequel il existait des problèmes sensibles (incarcérations, censures, menaces), le Niger a pris le chemin de ces régimes autoritaires qui occupent la fin du classement.


Les Amériques

Violence et censure sur le continent américain

Aucun journaliste n’a été tué en Colombie (126e) pendant la période
étudiée pour l’établissement de ce classement. C’est une première. Pour
autant, la pression des groupes armés et des paramilitaires reste forte.
Des cas de violence contre des journalistes ont été relevés au Brésil
(84e) et en Argentine (82e), mais le record en la matière revient au
Pérou (117e) où près d’une centaine de journalistes ont été pris à
partie physiquement. Le nombre de menaces est tout aussi élevé.


Le Mexique (136e) est toujours le pays le plus dangereux du continent
pour la presse. Huit professionnels de l’information ont été tués dans
le pays entre septembre 2006 et septembre 2007. La justice ne parvient
pas à sanctionner tous les responsables et l’impunité reste largement la
règle.


Au Venezuela (114e), l’exclusion de la chaine RCTV du reseau
hertzien, le 27 mai 2007, à la demande d’Hugo Chavez, a mobilisé à elle
seule toute l’attention. Contestée même parmi les partisans du président
bolivarien, la mesure traduit une véritable mainmise du pouvoir sur
l’espace audiovisuel.


L’Asie

Des coups d’Etat préjudiciables aux libertés

En Thaïlande (135e) et aux Fidji (107e), des coups d’Etat militaires
censés restaurer l’ordre démocratique ont entraîné une dégradation de la situation des médias. A Bangkok, les médias restent relativement
libres, mais les militaires ont empêché le lancement par les partisans
de l’ancien chef du gouvernement d’une chaîne de télévision. Plusieurs
animateurs de sites Internet et des blogueurs ont été arrêtés. Aux
Fidji, après quelques semaines très tendues entre l’armée et les
journalistes, avec notamment l’expulsion d’un reporter étranger, les
pressions se sont concentrées sur les voix critiques qui s’expriment sur
Internet.


Le Pakistan (152e) reste très mal classé. L’armée du
général-président Pervez Musharraf, au pouvoir depuis son coup d’Etat de 1999, concentre tous les pouvoirs. Pendant la crise liée à la destitution du chef de la Cour suprême, les chaînes privées ont été
empêchées de travailler et plusieurs dizaines de reporters ont été
battus et arrêtés.


Des améliorations inattendues

Le Cambodge (85e) gagne quelques places grâce à la décision du
gouvernement de dépénaliser les délits de diffamation. Aucun journaliste
n’a été emprisonné. En revanche, des menaces de mort ont visé des
journalistes khmers, particulièrement quand ils enquêtent sur la
corruption.


Les Philippines (128e) ont connu moins d’assassinats que les années
précédentes. Et les proches de la présidente Gloria Arroyo ont déposé
moins de plaintes en diffamation qu’en 2006.


L’Europe & l’ex-URSS

La Bulgarie et la Pologne, mauvais élèves de l’Europe

Tous les pays membres de l’Union européenne, à l’exception de la
Bulgarie (51e) et de la Pologne (56e), figurent dans les cinquante
premiers. A Sofia, les journalistes peuvent être pris à partie
physiquement pour leur travail. Le climat a été encore assombri après
l’abandon de toute poursuite à l’encontre de policiers qui avaient
agressé un journaliste, en mai dernier. De leur côté, les autorités
polonaises refusent de dépénaliser les délits de presse et la justice
condamne régulièrement des journalistes à des peines de prison avec
sursis. Depuis l’arrivée au pouvoir de Lech Kaczynski, en octobre 2005,
puis de son frère Jaroslaw, quelques mois plus tard, les poursuites
contre la presse polonaise se sont multipliées.


Les pays d’Europe du Nord sont toujours ceux qui se comportent le
mieux. Un bémol tout de même pour les Pays-Bas (12e) qui ont reculé de
douze places à la suite du maintien en garde à vue pendant plus de deux
jours de deux journalistes du Telegraaf qui avaient refusé de révéler
leurs sources à la justice. En revanche, le Danemark (8e) retrouve sa
place dans le peloton de tête après la fin de la crise liée à la
publication des caricatures de Mahomet et l’acquittement des
journalistes du Berlingske Tidende.


En Espagne (33e), l’ETA a rompu la trève, mettant fin aux espoirs de
la profession de travailler enfin libérée de toute menace. De nombreux
journalistes sont toujours contraints de travailler sous haute
protection policière.


La Turquie (101e) est le seul pays de la zone à déplorer un
assassinat de journaliste. Celui de Hrant Dink, perpétré en janvier 2007
par des militants ultranationalistes. Il était le directeur du journal
de la minorité arménienne, Agos.


En Asie centrale, l’immobilisme est de mise. Aucune amélioration n’a
été observée en Ouzbékistan (160e) ou au Turkménistan (167e).


Le Maghreb & Moyen-Orient

L’immobilisme en Iran, la violence en Irak

En Iran (166e), les journalistes doivent faire face à une attitude
très agressive des autorités qui ne permettent l’expression d’aucune
critique ni d’aucune revendication politique ou sociale. Comme chaque
année, ce pays est celui qui emprisonne le plus grand nombre de
journalistes du Moyen-Orient. Huit y sont actuellement détenus.
Plusieurs ont dû répondre à des charges infondées mais néanmoins très
graves pouvant les mener à la prison pour avoir dénoncé la lapidation,
la corruption ou pour avoir travaillé pour un média étranger.


En Irak (157e), les journalistes craignent avant tout les groupes
armés qui les prennent pour cible sans que les autorités n’aient trouvé
un moyen de mettre un terme à cette litanie macabre. Depuis le début du
conflit en mars 2003, plus de 200 professionnels des médias ont été
assassinés.


Déception au Maghreb

Le bilan des pays d’Afrique du Nord est très mitigé avec des
remontées peu significatives en Algérie (123e) et en Tunisie (145e) et
des chutes inquiétantes : celles du Maroc (106e) et de l’Egypte (146e), en raison des nombreuses poursuites judicaires engagées contre la presse indépendante. Les enquêtes publiées sur les abus policiers, le recours à
la torture durant les interrogatoires ou encore le manque
d’indépendance de la justice ont enragé les autorités égyptiennes qui
ont resserré l’étau autour des journalistes indépendants. Malgré toutes
les pressions subies, ces derniers ont ouvertement montré leur manque
d’enthousiasme concernant l’éventuelle succession de Gamal Moubarak,
fils de l’actuel président.


S’ils sont mieux lotis que leurs confrères égyptiens, les
journalistes marocains ont subi, au cours de l’année écoulée, des
attaques répétées auxquelles ils n’étaient pas préparés. Saisies et suspensions de journaux, convocations, incarcérations et condamnations sévères vont laisser des traces au sein d’une profession qui se méfie dorénavant des promesses de réformes du pouvoir.


Accalmie pour les journalistes du Golfe

Quelques avancées ont été enregistrées dans certains pays du Golfe :
Koweït (63e), Emirats arabes unis (65e), et Qatar (79e). Les autorités
ont fait preuve de plus d’ouverture et, dans certains cas, des
initiatives ont été prises afin de modifier le cadre juridique, dans un
sens plus libéral. Cependant, l’autocensure reste omniprésente dans la
presse de ces pays.


L’Arabie saoudite (148e) quitte, pour la première fois, les vingt
derniers du classement. Les journalistes saoudiens ont bénéficié d’une
certaine accalmie au cours de l’année écoulée. Mais le contrôle exercé
par le comité de surveillance des médias, au sein du ministère de
l’Information, empêche le royaume wahhabite de monter plus haut dans le classement.