Campagnes

16 juin 2017 - Mis à jour le 26 juin 2017

Le président des eurodéputés conservateurs écrit au journaliste turc emprisonné Şahin Alpay

Crédit : Sébastien Bozon / AFP
Lancée à l’initiative de Reporters sans frontières (RSF), la campagne de soutien des parlementaires européens aux journalistes turcs emprisonnés se poursuit. Ce 15 juin, le président du Parti populaire européen, Manfred Weber, signe une lettre pour Şahin Alpay, en détention depuis fin juillet 2016.

Après Musa Kart, Ahmet Şık, Nazlı Ilıcak et Kadri Gürsel, l’éditorialiste et politologue Şahin Alpay est le cinquième journaliste turc incarcéré à recevoir un témoignage de solidarité de la part d’eurodéputés. Celui-ci s’ajoute aux courriers de soutien adressés par les parlementaires européens socialistes (S&D), écologistes (Verts/ALE), de la gauche radicale (GUE/NGL) et libéraux (ALDE). Depuis avril, ils se sont tour à tour succédé dans le cadre de la campagne de solidarité lancée par RSF.


Lire la lettre


Arrêté le 30 juillet 2016 et placé en détention provisoire, Şahin Alpay a fêté ses 73 ans en prison. Après avoir travaillé pour les quotidiens Cumhuriyet et Milliyet, il a rejoint le journal Zaman en 2002, où il officiait en tant que chroniqueur. Ces dernières années, le commentateur et professeur de sciences politiques n’hésitait pas à critiquer ouvertement le régime d’Erdoğan. Il est aujourd’hui accusé d’avoir fait “l’éloge d’une organisation terroriste” et d’avoir “légitimé par voie de média la tentative de coup d’Etat” de juillet dernier. Son procès devrait s’ouvrir le 18 septembre aux côtés de 29 autres journalistes.


Déjà très préoccupante, la situation des médias en Turquie est devenue critique sous l’état d’urgence proclamé à la suite de la tentative de putsch. Le pays est entré dans une spirale répressive sans précédent et est devenu aujourd’hui la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias avec plus de 150 journalistes incarcérés. Près de 150 médias ont été fermés par décret et plus de 775 cartes de presse ont été annulées depuis la tentative de putsch. La censure d’Internet et des réseaux sociaux atteint des niveaux inédits. Le pays occupe la 155e place sur 180 au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse publié par RSF.